Les Compagnons
LES COMPAGNONS
Suite à la surprenante et agréable découverte d'un cousin en alternance chez les Compagnons,
voici un topo sur cette mystérieuse organisation liée à Notre-Dame de Paris : restauration remarquable du jeune érudit Viollet-le-Duc, hérétique et bâclée de l'ignare incapable Macron : portail, chemin de croix, mobilier, vitraux, flèche, charpente...
Les premiers Compagnons remonteraient :
- au premier temple de Jérusalem, Xe s av J.C, édifié par le roi Salomon et Hiram, détruit en -586 par Nabuchodonosor II
qui déporte la population à Babylone.
Le roi Salomon et maître Hiram
La Bible et récits légendaires donnent pour le chantier, 70 000 manœuvres, 80 000 tailleurs de pierre, 33 000 intendants.
Afin de payer chacun selon ses mérites, Salomon, ou son architecte Hiram, crée la hiérarchie apprenti - compagnon - maître.
Par son travail, obéissance, l'apprenti peut s'élever dans la classe supérieure.
Chaque corps a une couleur distinctive, signes de reconnaissance, mots de passe pour éviter toute tricherie.
Hiram, dépositaire du savoir, inspecte, dirige des assemblées pour élever dans l'ordre initiatique et fraternel ceux jugés dignes.
Hiram aurait été assassiné par trois ouvriers décidés à lui arracher les mots de passe et secrets permettant d'accéder à l'ordre.
Refus, ils le tuent, cachent son corps. Mais il avait mis en place une chaîne d’œuvriers capable d'assurer la continuité du chantier
et la transmission du savoir.
Maître Jacques serait né en Gaule. Tailleur de pierre talentueux, il voyage dès 15 ans en Grèce, Égypte, Jérusalem à 36 ans
pour construire le temple de Salomon.
Maître des tailleurs de pierre, menuisiers et maçons.
Le chantier terminé, il retourne en Gaule avec l'architecte Soubise, se fâche avec lui, subit plusieurs tentatives d'assassinat
imputées à son compagnon.
Rixes fréquentes entre compagnons des rite Soubise et maître Jacques qui se retire sur le massif de la Sainte Baume en Provence
où il est assassiné.
Soubise, représenté en robe de bure, aurait eu la responsabilité des charpentiers. Ses notes et tracés d'épures cachés en un lieu secret
auraient été découverts longtemps après par un moine bénédictin lui aussi nommé Soubise.
Le "Compagnonnage du Devoir et du Tour de France", la plus vieille société traditionnelle connue, était, à l'origine, une corporation itinérante
d'ouvriers qualifiés encadrant ceux qui édifiaient les cathédrales, comme en témoignent des signes particuliers reconnaissables,
en France et Europe.
Il permettait aux ouvriers de se perfectionner, d'être aidés sur le Tour de France pour trouver travail, hébergement,
soutient pension en cas d’accident, coopératives mutuelles.
Marie-Madeleine en est la patronne. Pèlerinage à la Sainte baume en Provence, pour honorer Maître Jacques et Marie-Madeleine,
pécheresse repentie qui, après avoir évangélisé la Provence, s'y retira finir sa vie.
Premiers métiers, XIIIe XIVe siècle, tailleurs de pierre, charpentiers. Puis menuisiers, serruriers. Pierre, bois, fer.
Supériorité des maçons, tailleurs de pierre, charpentiers, puis métiers du fer et du feu.
Triptyque corporations - cathédrales - croisades.
Les compagnons affranchis voyagent de chantier en chantier. Sociétés compagnonniques hiérarchisées organisées.
Rites traditions coutumes, couleurs distinctives signes mots de passe pour se reconnaître entre membres d'une fraternité.
Compagnonnage et franc-maçonnerie intègrent dans leurs rituels de nombreuses références au temple, mais les symboles
et rituels sont différents, bien qu'ils aient des éléments communs comme équerre et compas entrelacés.
Maillet et ciseau, niveau et fil à plomb, règle et levier, truelle.
Bref historique :
1480 Le Grand Maître de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem reçoit à Rhodes des compagnons
charpentiers et tailleurs de pierre. Les liens entre sociétés compagnonniques et ordres chevaleresques sont solidement établis
XVIe s 1ers documents. "Pays", ouvrier pratiquant au sol, "Coterie", en hauteur, sur échafaudage
XVIIe s 1685, révocation de l’Édit de Nantes, scission protestants - catholiques :
- “du devoir de liberté”, protestants, du Roi Salomon, tailleurs de pierre "loups", charpentiers "indiens",
menuisiers serruriers "gavots"
- "compagnons du devoir", catholiques, de Maître Jacques et Soubise, tailleurs de pierre "loups-garous"
XVIIIe s
1719 le terme compagnonnage apparaît dans la langue, désignant le stage professionnel du compagnon chez un maître
Du latin companionem "celui qui partage le pain avec un autre"
14 juillet 1789, les compagnons participent à la prise de la Bastille
Puissance considérable : grèves, embauches, interdiction de boutiques
Nouveaux métiers : tendeurs de draps, vitriers, selliers, poêliers, tonneliers, couteliers, ferblantiers, couvreurs, bourreliers, charrons, cloutiers, toiliers, maréchaux-ferrants, plâtriers. 200 000 compagnons.
XIXe s 1887-1889, une quarantaine de compagnons charpentiers lèvent la tour Eiffel, sous l’autorité d’Eugène Milon
dit Guépin le Soutien de Salomon
XXe s réorganisation durant la dernière guerre, projet culturel de Vichy, "Association ouvrière des compagnons du devoir".
1986 Les États-Unis confient aux compagnons français la restauration de la Statue de la Liberté.
Le compagnonnage groupe les métiers permettant de façonner de ses mains un objet complet.
2 axes ou bases :
- Tour de France en tant qu'aspirant. École de vie : règles, discipline, rapports humains, culture
Formation auprès des patrons "pays" "coteries". Relais compagnonniques "Mères". Lieu de réunion "Cayenne ou chambre"
gérées par une "maîtresse de maison" "dame économe" "dame hôtesse" "mère" en fonction de son initiation.
Le "premier aspirant" la seconde en cas d'absence, le "rouleur" ou "rôleur" embauche et fait office de maître de cérémonie.
- Chef-d’œuvre, création d'une oeuvre manuelle réalisant unité de conception - exécution. Clôt le cycle professionnel
"travail de réception", cérémonie où l'aspirant est élevé à l'état de compagnon
L'aspirant compagnon reçoit un passeport à faire tamponner, attestant des villes - étapes
Le topage est une série de questions réponses rituelles pour vérifier l'identité compagnonnique entre ouvriers
Éducation, perfectionnement, accomplissement. Compréhension, maintien, progression, rayonnement
des vertus du compagnonnage, sens du labeur et de l’œuvre, élite de la classe ouvrière, ordre civique.
Le compagnonnage est inscrit depuis novembre 2010 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l'UNESCO.
Sans équivalent dans les lycées professionnels de l'Éducation Nationale, l'Association ouvrière des compagnons du devoir
et du tour de France (AOCDTF), loi 1901, forme, suivant les traditions du compagnonnage, des ouvriers expérimentés polyvalents :
- Bâtiment - aménagement carreleur-mosaïste, charpentier, menuisier, jardinier-paysagiste, frigoriste
- Technologies de l’industrie carrossier-constructeur, chaudronnier, mécanicien
- Matériaux souples tapissier, cordonnier-bottier, maroquinier, podo-orthésiste
- Métiers du goûts boulanger, pâtissier, fromager
- Maréchalerie
- Tonnellerie
3 possibilités de formation :
- 15 à 25 ans, apprentissage, 6 semaines d'entreprise 2 en formation CFA. 3 semaines en Europe obligatoire
- moins de 25 ans, bachelier, immersion en entreprise, un an en alternance puis 5 de compagnonnage après un tour de France "adoption", "aspirant". Proposition d'un an à l'étranger
- moins de 25 ans, diplômé du métier, prépa tour de France, rémunéré à 80 % du SMIC, compagnon en 4 ans.
Ouvriers extrêmement recherchés, présents dans 45 pays des cinq continents
Évolution possible vers une licence professionnelle, équivalent Bac+3, ou diplôme d’ingénieur...
Henri Dhavernas, jeune inspecteur des Finances, fonde le Comité Jeunesse de France immédiatement après l’armistice.
Frappé par le "ne rien faire" des adolescents qui végètent, il prend conscience, en septembre 1939, du besoin d'un mouvement
capable d’encadrer ces jeunes, les occuper dans des travaux d’intérêt collectif pour qu’ils participent à la vie matérielle
et morale du pays : l'association des Compagnons de France CdF, proposant une pédagogie basée sur la formation physique, morale,
culturelle, intellectuelle, apolitique, laïque, est inscrite au Journal Officiel le 14 août 1940.
Sur la base du volontariat, elle met aux jeunes "des souliers aux pieds, du pain à la bouche et de l’espoir au cœur",
dans l’aide aux réfugiés et prisonniers.
- les "Compagnons de France", association indépendante, regroupe 30 000 jeunes de 16 à 20 ans de toutes origines sociales
décidés "de participer au relèvement matériel et moral du pays en offrant leur concours aux Services d’Aides aux Réfugiés,
aux prisonniers de guerre et toutes initiatives associant les jeunes au service du pays"
- le "Service Civique Rural" rassemble plus de 100 000 jeunes de 17 à 21 ans pour les moissons et vendanges en remplacement
des agriculteurs prisonniers en Allemagne
- les "Centres de jeunes travailleurs" accueillent des jeunes sans travail, désireux d’acquérir une formation professionnelle,
physique et civique
- le "Secours National" reçoit des milliers de jeunes pour ses œuvres d’assistance et de charité
- le scoutisme passe de 40 000 à 120 000 membres
- l’Association Catholique de la Jeunesse Française, les Auberges de la Jeunesse et les Camarades de la Route reçoivent un appui efficace
du gouvernement de Pétain...
Le régime pétainiste fait de ces "ouvriers chevaleresques" un modèle d'effort et de discipline, les reconnait activement par la création
d'une Charte du Compagnonnage, adossée à la Charte du Travail, et l'attribution de la légion d'honneur pétainiste, la francisque.