Bruno FABRETTI-TREPPO - Grande Guerre - Grippe espagnole - Caporetto - Mussolini - Turin - Libye - Guerre du désert - Italo Balbo - Venezuela
Bruno FABRETTI-TREPPO
Grande Guerre - Grippe espagnole - Caporetto - Mussolini - Turin
Libye - Guerre du désert - Italo Balbo - Venezuela
Nonno Emilio épouse en premières noces Caterina TREPPO qui lui donne :
- Mon parrain Guido Giovanni, comme l'oncle d'Amérique Giovanni TREPPO de Floriston en Californie
- Bruno (4 février 1914 Nimis) né sous une bien sombre étoile
- et Vilma Caterina (16 août 1915)
Octobre 1914, la Grande Guerre débute, la France est en mauvaise posture face à l'Allemagne. Mussolini, rédacteur en chef du journal socialiste
anti-interventionniste "Avanti !", appelle l'Italie à s'engager militairement à ses cotés. Il est mis à la porte et expulsé du parti. Il fonde alors "il Popolo d'Italia"
où il fait campagne en faveur de la guerre.
La grande majorité des italiens, socialistes en tête, souhaite monnayer la neutralité de l'Italie.
Le 26 avril 1915, au nom de "l'égoïsme sacré" (opter pour le camp qui promet le plus), l'Italie signe avec l'Entente (France, Grande-Bretagne, Russie) le traité
secret de Londres par lequel elle obtient des concessions territoriales contre son entrée en guerre : Frontière des Alpes jusqu'au Brenner, l'Istrie, la Dalmatie,
la Libye, l'Érythrée, une partie de l'Asie Mineure.
Et le 24 mai 1915 elle déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie.
Mussolini, soldat exemplaire, nommé caporal pour ses actes de bravoure en février 1916, est gravement blessé en février 1917, transporté vers l'arrière
puis réformé.
La guerre s'éternise. Des provocateurs socialistes déclenchent de graves émeutes, comme l'insurrection du 23 août 1917 à Turin, avec saccages et barricades,
provoquant 57 morts et des centaines de blessés dans l'affrontement entre forces de l'ordre et insurgés.
1917, Emilio est à la guerre, la "grippe espagnole" frappe, emportant Caterina. Luigi, l'arrière grand-père, la suit dans les mêmes jours,
le 30 janvier. Le village, commotionné, les enterre en un unique service religieux.
La "grippe espagnole", mutation particulièrement sauvage, un des plus grands fléaux de l'humanité, a tué 15 à 50 millions de personnes,
(8 pour la Première Guerre Mondiale), frappant les individus de 20 à 40 ans d'une bronchite si sévère qu'ils meurent par suffocation.
Elle s'est abattue en trois vagues : La première, été 1918, cloue le malade au lit trois jours, la deuxième à l'automne et la troisième en janvier 1919
le tuent en trois jours, faisant dix fois plus de victimes que la première.
Et le virus originel disparaît sans laisser de trace.
D'où venait-il ? Trois versions :
L'Espagne :
En 1917, un Espagnol, le docteur L., aurait découvert au Pérou la formule El Sapo (le crapaud) appartenant à la célèbre pharmacopée Inca.
Cette formule extrêmement dangereuse provoque des mutations par l'effet d'un agent catalyseur, les diastases du sang de crapaud.
Bien que prévenu du danger, il se retire dans son laboratoire andalou, et commence à entretenir des bouillons de culture qu'il inocule à un cochon.
Mais une culture mute, donnant une souche virulente qui tue l'animal.
Au lieu d'incinérer le cadavre, le docteur l'autopsie et continue ses études.
Sa femme et son fils tombent malades et meurent, premières victimes du fléau que l'on baptisa "grippe espagnole". La souche virulente contamine
tout le village, la province, l'Andalousie, l'Espagne. En 1918, la maladie ravage la Terre.
Chine :
Apparue en février 1918 en Chine (Canton), puis dans les camps militaires aux USA, elle aurait suivit l'armée américaine en Europe, ou l'immigration
importante en provenance de Chine.
Amérique :
Les premiers cas d'épidémie auraient été détectés en Caroline du Sud.
Introduite en Europe par l'armée américaine en avril 1918, elle se propage au sein des forces armées, s'étendant en Italie et en Espagne, d'où le nom
de "grippe espagnole". De là, elle s'étend à l'Europe entière, puis dans les colonies.
Bruno va chez la tante Orsola de Feletto et Guido chez sa grand-mère Caterina MINI.
En octobre, sur le front de l'Isonzo, a lieu la terrible défaite de Caporetto (Kobarid, localité slovène sur l'Isonzo, près de la frontière italienne).
Le Général Luigi Cadorna, Commandant de l'armée italienne, avec ses tentatives répétées de percer le front de l'Isonzo, et bien qu'il ait gagné
peu de territoires et subit de lourdes pertes, avait affaibli les forces Austro-Hongroises et inquiété les Allemands par sa victoire à Gorizia en août 1916.
Ils décident d'effectuer une opération commune contre les Italiens, pour prévenir l'effondrement de l'Autriche-Hongrie : Douze divisions d'assaut,
sous les ordres de von Below, se concentreront dans la région de Caporetto pour percer en direction de Cividale et Udine.
Deux armées autrichiennes appuieront l'attaque pour contourner l'aile droite de l'armée italienne.
Le Général Krauss, descendant des Alpes, tentera d'envelopper l'aile gauche.
Cette manœuvre veut anéantir l'armée italienne et organiser une nouvelle invasion de la France, par le Sud, selon les révélations du Général von Below,
l'objectif réel étant Lyon.
L'offensive du 24 octobre 1917 est un succès foudroyant. Bien que Cadorna ait été averti à temps des projets allemands par des déserteurs, il laisse dégarni
le front de Caporetto qui est enfoncé, après barrage d'artillerie, obus à gaz cyanhydrique provoquant une mort instantanée par paralysie du centre respiratoire
cérébral, puis infiltration avec grenades et lance-flammes.
Ce matin là, l'artillerie ennemie donne en continu. 4h30 silence total... 6h30 l'enfer : Sous des tourbillons de neige rendant la visibilité impossible, les troupes
de choc austro-allemandes forcent les lignes italiennes par surprise, 25 km, et s'emparent de toute l'armée ennemie. Ce n'est que fuite sauvage et éperdue.
8h assaut final.
La "Justice aux armées" essaie de réagir, fusillant les officiers fuyards. Plus de 100 000 déserteurs.
Le 25, tout le front italien se replie. Le 27, le jeune lieutenant Rommel capture 2 000 prisonniers et l'ennemi s'empare de Cividale, le 28 entre à Udine,
siège du GQG italien, le 30 occupe Codroipo et San Daniele et le 3 novembre, marche en direction de Venise, Padoue et Vicence.
Le 4, Cadorna donne l'ordre de retraite jusqu'au fleuve Piave. Il est limogé le 9 et remplacé par le Général Armando Diaz.
Les pertes italiennes se montent à 37 000 tués, 91 000 blessés et 335 000 prisonniers, la moitié de l’artillerie et d’importants stocks d’armes, matériel
et vivres.
L'armée autrichienne envahit le Frioul par la route de Caporetto. La tante Orsola part, cherchant à éloigner le plus possible
ses êtres chers, mais dans l'affolement perd Bruno à la gare d'Udine. Elle ne sait pas qu’un officier de l'armée italienne l’a trouvé.
"Bruno a été adopté par le chef de gare de Turin, une famille toscane, Gattai" (Luciano)
Udine-Turin (environ 500km), 11h de train aujourd'hui. Un enfant de 3 ans peut-il faire ce trajet seul ?
"Il est peu probable que cela ait pu se faire sauf à considérer que cet enfant ait été pris en charge par une tierce personne
durant le trajet". (réponse d'un forum)
L'officier a t-il mis Bruno dans le train, et par l'intermédiaire d'un voyageur, avec un mot, une pancarte peut-être, confié
au chef de gare de Turin membre de sa famille... qui logiquement aurait averti Udine ; dans ce cas, il n'était pas perdu !
Pour secourir l'allié, le 27 octobre, la Xe armée française embarque pour l'Italie, et d'autres troupes passent les Alpes à pied.
Le 12 novembre, Conrad von Hötzendorff, commandant l'armée du Tyrol, attaque et prend Feltre, mais il est arrêté par les troupes de renfort.
Regroupés sur la rive droite de la Piave, les Italiens réussissent à contenir l'ennemi. En août 1918 ils reprennent l'initiative et en octobre remportent
la victoire de Vittorio-Veneto qui contraint l'Autriche-Hongrie à demander l'armistice, signé le 4 novembre 1918 à la Villa Giusti.
L'Italie est victorieuse. Elle a remporté de remarquables succès sur terre, sur mer avec ses vedettes lance-torpilles, dans les airs avec 763 victoires
pour 166 avions perdus. C'est l'euphorie et tous les Italiens attendent l'application du traité de Londres !
Mussolini, à la direction du journal, soutient les combattants en fustigeant défaitistes et profiteurs, dénonçant l'injustice qui fait peser sur les plus pauvres
"l'impôt du sang". Il propose que les parasites soient neutralisés et que les anciens combattants aient une place privilégiée dans le gouvernement
d'après guerre, exercé par un homme énergique et impitoyable pour faire place nette.
1919 Il crée les Squadri "Faisceaux de combat".
1920 Grève socialiste, à Milan et Turin, combattue par les fascistes.
1921 Fondation du Parti National Fasciste.
28 octobre 1922 Marche sur Rome. Le Roi charge Mussolini de constituer un gouvernement avec les fascistes.
1923 Création d'une milice.
1924 Victoire électorale des fascistes.
1929, douze ans ont passés ! Comment, sans nom ni papiers ? On ne sait pas...
Emilio et Caterina VENERIO ma grand-mère, leurs enfants Luigi Girolamo (16 juillet 1919 Nimis-13 novembre 1994 Elisabethville),
Augusto Pietro mon père, décident de venir en France, passent à Turin mais la famille ne donne pas la permission ou Bruno refuse
de les suivre et quitter la ville, ses amis et parents “adoptifs”.
L'histoire de Turin commence au IIIe siècle Av. J.-C. le long des rivages du Pô avec les premières tribus "taurines", descendant de la fusion des celtoligures
avec des populations gauloises à la recherche de plaines cultivables. Pendant l'expansion romaine en Italie septentrionale, l'endroit est le théatre de guerres,
réconciliations et alliances avec Rome, jusqu'à la fondation par Jules César d'un véritable centre militaire au plan carré entouré de remparts, le "castrum".
Garnison pour surveiller la frontière nord sous Auguste, la ville prend le nom d'Augusta Taurinorum en 29-28 Av. J.-C.
Porte principale des Alpes occidentales, à la chute de l'Empire, Turin est assujetti aux Goths, aux Lombards et aux Francs qui établissent un comté au VIIe siècle.
Une longue période suit où la Savoie s'insère dans un complexe jeu de forces de batailles et d'alliances entre Empire, évêques, feudataires jusqu'à ce queTurin
soit concédée à la Savoie de l'Empereur Frédéric II.
En 1404, fondation de l'Université. Avec l'unification administrative et politique de toutes les provinces début XVème siècle le Duc de Savoie
fait de Turin la capitale qui, en 1536 passe sous domination française. La ville compte à la fin du siècle 10 000 habitants. Puis le Duc Emanuele Filiberto
transfère la capitale de son règne à Chambéry.
En 1620, son successeur Carlo Emanuele I confie à l'architecte Carlo Castellamonte la réalisation du premier agrandissement au sud : Dans la partie la plus
ancienne, comme la Piazza Castello, les édifices prennent leur aspect actuel : Le Palais Royal bâti sur les ruines de l'ancien Palais Episcopal, le Palazzo Madama
construit où s'élevait l'ancienne porte Praetoria romaine, le château de la famille d'Acaja, l'église de San Lorenzo et la Cappella della SS. Sindone
(chapelle du Saint-Suaire), de Guarino Guarini, dont les coupoles animent et allègent l'élégance un peu sévère de la place dessinée par Vittozzi.
Mais cet essor est brusquement stoppé en 1630 par une terrible épidémie de peste.
Entre les XVIIe et XVIIIe siècles la ville présente la physionomie d'une capitale rigoureuse et austère réservant luxe et faste pour l'intérieur des édifices
du gouvernement et de la noblesse. La Piazza San Carlo, coeur de la ville, en est un des exemples les plus élégants.
Puis la ville affronte une longue période de guerre, aboutissant en 1706 au siège des Français, rompu par l'arrivée des troupes alliées autrichiennes
et le sacrifice héroïque de Pietro Micca dans les galeries souterraines de la Citadelle.
La Basilique de Superga, projet confié à Filippo Juvarra, est érigée entre 1714 et 1717 en signe de gratitude.
En 1792, Vittorio Emanuele III entre en guerre contre la France révolutionnaire, qui annexe le Piémont quelques années plus tard. La domination française
début XIXe siècle démantèle l'enceinte fortifiée, donnant espace, forme et vie, places harmonieuses et accueillantes. Par le traité de paix avec l'Autriche
en 1850, Turin assume un rôle culturel et politique national et en 1861 est choisie comme capitale avec la proclamation de l'Unité d'Italie.
Elle entame sa croissance industrielle.
Puis viennent les années de durs combats de la Seconde Guerre Mondiale : Les brigades fascistes font des carnages, comme celui du 18 décembre 1922.
A la gare centrale de Porta Nuova, les wagons blindés emmènent les déportés vers les lagers et les camps de concentration nazis.
Turin fut une des villes les plus antifascistes d'Italie, où la Résistance fut un véritable mouvement organisé jusqu'à la Libération.
1937, Bruno s'engage comme soldat volontaire en Libye à Tripoli, où il rencontre Adèle BAGA qu’il épouse le 19 février 1938.
"Ma mère est née en 1910 à Anita en Pennsylvanie, de Pietro, fermier, et Iole GHIGLIONDA (+ 1920), comtesse qui a été déshéritée,
c'est pourquoi ils sont partis des États-Unis en 1912 pour l'Afrique" (Luciano)
La Libye doit probablement son nom aux Libou qui attaquent l'Egypte pharaonique à partir du XIIème siècle av. J.-C. La côte libyenne a une grande importance
commerciale, avec l'or du Soudan qui y parvient après avoir traversé le Sahara.
Dès le VIIIe siècle, les Phéniciens fondent des comptoirs commerciaux sur la côte de Tripolitaine, parmi lesquels Leptis Magna, Oea (Tripoli) et Sabratha,
conquises par Carthage au VIe siècle.
Véritables têtes de pont vers l'Afrique, elles facilitent les contacts avec les tribus de l'intérieur et drainent les produits recherchés du commerce saharien :
Or, ivoire, animaux sauvages, esclaves… Sabratha fait fortune grâce à l'envoi de bêtes féroces vers les arènes de Rome.
La Cyrénaïque, à l'ouest, est quant à elle colonisée par les Grecs au VIIe siècle (fondation de Cyrène en 631, invasion en 643). Elle est particulièrement prisée
pour les céréales, les chevaux fameux dans tout le monde antique, et surtout le silphion, plante médicinale aux vertus extraordinaires, mais aussi condiment
exporté en quantité massive, qui assure la richesse commerciale de la région pendant plusieurs centaines d'années. Elle est l'emblème de la monnaie de la cité.
Durant le Ier siècle av. J.-C., les trois régions qui forment l'actuelle Libye -Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan- passent sous domination romaine
(146 chute de Carthage, 106 débarquement, 74 Libye province romaine). La Libye, riche et fertile, devient l'un des greniers de l'Empire romain et connaît
un essor remarquable peu après le début de l'ère chrétienne.
Mais les temps changent.
La région connaît un grand brassage de population, et accueille une très forte colonie juive, qui, à la suite de la prise de Jérusalem en 70, se révolte contre
le pouvoir. L'insurrection s'étend en Égypte, Syrie, à Chypre et dans les autres pays du Levant. La répression est terrible et sauvage : Plus de cent mille morts
et le saccage de tous les monuments publics.
En 365, Sabratha est détruite par un tremblement de terre.
Le pays entame son déclin après les invasions Vandales en 455, puis est reconquis par les Byzantins à partir de 533.
En 641, conquête arabe et islamisation. Mais les Berbères s'y opposent et rallient massivement le kharijisme, mouvement rigoriste dissident de l'Islam.
Gouvernées successivement par les Omeyades, les Aghlabides et les Fatimides, ces régions sont en partie conquises en 1146 par les Normands,
qui les abandonnent bientôt aux Almohades.
En 1551 elles passent sous suzeraineté ottomane. Tripoli et les ports côtiers deviennent des bases pour les corsaires turcs qui écument la Méditerranée
et contrôlent le commerce avec le Soudan.
Sous le soleil se fomentent de lourds événements...
28 septembre 1911, prétextant des provocations turques, l'Italie, qui veut s'établir en Tripolitaine, envoie un ultimatum à la Turquie et commence les hostilités
le lendemain. Elle annexe Tripoli et la Cyrénaïque. Février 1912, elle bombarde Beyrouth, partie de l'empire Ottoman, occupe Rhodes et le Dodécanèse.
En représailles, la Turquie expulse 70 000 Italiens.
Juillet 1912, les deux pays entament des négociations qui s'achèvent en octobre par le traité de Lausanne où la Turquie abandonne la Tripolitaine.
La Libye devient autonome et revient à l'Italie.
Éthiopie :
Mussolini veut offrir à son pays un empire colonial digne de son rang : Le 2 octobre 1935, l'Italie attaque l'Éthiopie pour se venger de la défaite d'Adoua
du 1er mars 1896.
Dix divisions appuyées par les chars et l'aviation, 400 000 hommes, se ruent sur ce pays misérable et le prennent en tenaille à partir des colonies italiennes
de Somalie et d'Érythrée. Mais, malgré les bombardements et l'utilisation de l'ypérite et du phosphore, il faudra plusieurs mois pour venir à bout
de la résistance éthiopienne et chasser le souverain, le négus Haïlé Sélassié.
2 mai 1936, les Italiens pénètrent dans la capitale Addis-Abéba, et le 9 mai proclament le roi Victor-Emmanuel III Empereur d'Éthiopie.
1er juin 1936, Mussolini annonce à Rome la naissance de l'Africa Orientale Italiana.
La SDN condamne l'Italie qui se soude autour du Duce. Déçu, mis au ban des nations, il se rapproche d'Hitler.
Sergio nait le 10 décembre 1938.
Et les canons tonnent, c’est la "Guerre du désert".
1939, Pacte d'amitié et d'alliance Italie-Allemagne, le "pacte d'acier".
Quand Mussolini déclare la guerre aux alliés le 10 juin 1940, l'armée italienne compte déjà 1 000 000 d'hommes en Libye. Elle veut s'emparer de l'Égypte
et du canal de Suez vitaux pour les 36 000 britanniques gardant le canal et les gisements de pétrole, qui souhaitent, eux, prendre la Tunisie et pénétrer
en Afrique du Nord.
Le 13 septembre 1940, le Maréchal Rodolfo Graziani et cinq divisions de l'armée italienne entre en Egypte mais stoppe devant les britanniques de Wavell qui,
bien que dépassés en nombre, contre-attaquent le 9 décembre, repoussent les Italiens sur plus de 800 km, et prennent Tobrouk le 22 janvier 1941.
"Je suis né à Tripoli, le 8 décembre 1940, sous un bombardement aéronaval anglais. Les miens étaient restés dans la maison,
n'ayant pas voulu descendre au refuge. On a eu de la chance, 381 bombes sont tombées" (Luciano Alberto Guido)
"Alberto est le fils des parents adoptifs de mon papa"
Hitler, choqué par les défaites de l'armée italienne, envoie l'Afrika Korps et le Général Rommel qui attaque le 24 mars et en avril repousse l'armée britannique
hors de la majeure partie de la Libye.
Le 18 novembre, offensive de la VIIIe armée britannique forçant les Allemands à la retraite.
Rommel abandonne le siège de Tobrouk le 4 décembre mais, avec des renforts de Tripoli, lance une contre-attaque le 26 mai 1942 avec ses Panzers.
Inférieur en nombre de moitié, il regagne la Cyrénaïque, Tobrouk, Bir Hakeim et El-Alamein le 21 juin, capturant plus de 35 000 britanniques, mais,
faute de carburant, doit s’arrêter.
Montgomery, à la tête de la VIIIe armée, repousse Allemands et Italiens, reprend le terrain perdu en octobre, et en janvier 1943 Tripoli et la Tunisie.
La moitié de l'armée de Rommel est tuée ou prisonnière.
Bruno, photographe pour Italo Balbo, s’y distingue comme en témoigne le Certificat de Patriote, signé par le Commandant Suprême
des Forces de la Méditerranée Centrale.
"Au nom des gouvernements et des peuples des Nations Unies, nous remercions le Commandant Fabretti Bruno d'avoir combattu l'ennemi
sur les champs
de bataille, militant dans les rangs des patriotes parmi ces hommes qui ont porté les armes pour le triomphe de la liberté, réalisant 9 actes de sabotage,
et fournissant des informations militaires.
Par leur courage et leur dévouement, les patriotes italiens ont contribué efficacement à la libération de l'Italie et à la grande cause de tous les hommes libres.
Dans l'Italie renaissante, les titulaires de ce certificat seront acclamés comme des patriotes qui se sont battus pour l'honneur et la liberté."
Italo Balbo (6 juin 1896 Ferrare - 28 juin 1940 Tobrouk), élevé dans une famille bourgeoise monarchiste, sympathisant républicain, rencontre en 1914
Benito Mussolini lors d'une manifestation interventionniste à Milan.
1ère Guerre mondiale, volontaire, affecté au 7e régiment alpin, il participe à la libération de Feltre. Capitaine, médaille de bronze et deux d'argent.
1920, il entre en Franc-Maçonnerie.
Après la guerre, il adhère au fascisme, devient secrétaire de la fédération fasciste de Ferrare, organise des bandes de squadristi, forme son groupe qui s'oppose,
par des expéditions punitives, aux grèves communistes, socialistes et paysannes.
1924, il devient commandant général de la milice des volontaires pour la sécurité nationale...
1925, sous-secrétaire à l'économie nationale...
6 novembre 1926, secrétaire d'État à l’aviation, il apprend à piloter (licence en 1927)...
19 août 1928, Maréchal de la Regia Aeronautica, il réorganise l’aviation italienne...
12 septembre 1929, à 33 ans, plus jeune ministre européen de l'Armée de l’Air.
17 décembre 1930, avec 14 hydravions Savoia-Marchetti S.55A il relie Orbetello, près de Rome, à Rio de Janeiro, Brésil, et le...
12 août 1933, avec 25 hydravions S.55X6, Chicago, pour l'Exposition universelle “Un siècle de progrès”, 19 000 km !
Il est le seul qui traite le Duce comme son égal, mais trop charismatique, Mussolini, qui le craint, lui enlève sa charge de ministre, l'écarte du gouvernement
et le nomme gouverneur général de la Tripolitaine, Fezzan et Cyrénaïque qui, sous son patronage, fusionnent en une seule colonie : la Libye (1934),
où il démantèle les camps de concentration italiens, libère les prisonniers des prisons, construit systèmes d’irrigation, villages, 5 600 km de routes et pistes,
en particulier la via Balbia, littorale de 1 822 km nommée en son honneur, finance services scolaires, santé, conseil agricole, attire 20 000 colons italiens
et suit une politique d'intégration et de pacification des populations musulmanes, l’octroi de droits égaux.
En 1938, il dirige personnellement un convoi de dix-sept navires d'Italie avec 1 800 familles, pour lesquelles de nouveaux villages sont fondés,
avec église et quartier général du PNF, terres, bétail et semences donnés aux agriculteurs.
Septembre 1939, après l'invasion allemande de la Pologne, il exprime son mécontentement et sa préoccupation concernant l'alliance avec l'Allemagne,
les politiques interne et internationale de Mussolini, “Vous léchez les pieds de l'Allemagne“.
Ses désaccords avec le Duce ne cessent de croître...
10 juin 1940 minuit, l'Italie entre en guerre aux côtés de l'Allemagne.
28 juin 1940, alors qu’il atterrit à Tobrouk pour vérifier les dégâts d’un bombardement britannique et s’approvisionner, son SM.79, bombardier
facilement reconnaissable (I-MANU), en raison de son aile basse, ses trois moteurs et son profil inhabituel, est abattu par un canon antiaérien italien.
Erreur ou complot ? Emanuela Florio, sa veuve, dénonça un assassinat intentionnel par Mussolini.
“Balbo. Un bel alpin, un grand aviateur, un authentique révolutionnaire. Le seul qui aurait été capable de me tuer”.
On ne le saura jamais.
Le lendemain du drame, un avion anglais parachute sur le camp italien un billet :
“Les forces britanniques expriment leurs plus sincères regrets pour la mort du Maréchal de l'Air Italo Balbo, un grand condottiere
et un valeureux aviateur que je connaissais personnellement et que le destin a mis dans le camp adverse...
Air Officer-Commander-in-Chief British Royal Air Force... Sir Arthur Laymore”.
Cesare Balbo, comte de Vinadio, Turin 1789 - 1853, historien théoricien acteur du Risorgimento.
1942, Pietro, restaurateur, meurt.
"La famille est rapatriée à Turin, avec des documents ou quelque chose de semblable attestant des nom, prénoms et origine.
Bruno continue son métier pour FIAT et le monde de la mode, jusqu'en 1962 où il part au Venezuela, appelé par un Américain qui a vu
ses photos dans un magazine. Il couvre un an de safari, papillons et orchidées pour le Musée de Caracas où sont encore ses photos" (Luciano)
(pas la National Geographic Society, d'après Germana *)
Le Venezuela est découvert par Christophe Colomb en 1498.
Fondée en 1567, Caracas compte à peine 2 300 âmes à la fin du XVIIe siècle.
L'exploitation des perles, les plantations de canne à sucre, tabac, cacao, café, coton et indigo sont les principales activités. Le développement des plantations
explique l'importation d'esclaves noirs et la naissance d'une société coloniale. La bourgeoisie créole, ne supportant pas le monopole des compagnies royales,
se lance dans la contrebande.
Héritier des tendances indépendantistes, le Libertador Simón Bolívar inflige une sévère défaite aux loyalistes en 1820. Le Venezuela fait partie de la République
de Grande-Colombie (Venezuela, Colombie, Panama et Équateur) qui éclate à la mort de Bolívar en 1830.
Le général José Antonio Páez devient Président de la République. Les conservateurs restent au pouvoir jusqu'en 1847. Des rébellions épuisent le pays de 1858
à 1863.
Il connaît la prospérité sous le Général Antonio Guzmán Blanco qui supprime les couvents, crée l'enseignement primaire gratuit et obligatoire, instaure le mariage
civil, organise l'administration, protège et stimule les arts sciences et lettres, fait construire routes et voies ferrées.
Mais le XIXe siècle s'achève dans le bruit de bottes. La guerre civile ébranle le pays, Caracas est prise par le caudillo Cipriano Castro en octobre 1899.
Il s'aliène les Européens à cause de la dette impayée.
Juan Vicente Gómez impose de 1908 à 1935 un régime de fer.
L'économie se transforme avec la découverte, en 1922, d'importants gisements de pétrole. Le dictateur octroie de larges facilités aux compagnies étrangères et,
dès 1926, l'or noir devient la première exportation du pays.
Ne bénéficiant pas des retombées économiques, ouvriers et intellectuels se révoltent en 1928.
Quand Gómez meurt, en 1935, son ministre de la Guerre et de la Marine, Eleazar López Contreras, lui succède. Il libéralise le régime (réglementation du travail,
création d'assurances sociales...) et stimule le développement industriel, mais le pays reste rural et sous-développé. La démocratisation se poursuit sous le Général
Isaías Medina Angarita (légalisation du Parti communiste, établissement de relations diplomatiques avec l'URSS) avant que le parti de l'Action démocratique (AD)
ne le renverse en 1945 avec la junte de Rómulo Betancourt qui assume le pouvoir et lutte contre l'impérialisme et l'oligarchie. Une nouvelle Constitution est élaborée
avec un Président de la République élu au suffrage universel, qui sera en 1947 l'écrivain Rómulo Gallegos, candidat de l'AD.
Sa politique progressiste, vote des femmes, réforme agraire, effraie la bourgeoisie et l'armée reprend le pouvoir en novembre 1948.
Le colonel Pérez Jiménez exerce la dictature à partir de 1952. Il est chassé en 1958 par un soulèvement regroupant militaires, étudiants et ouvriers.
"A 19 ans, j'ai ouvert Ital TV et réparais des téléviseurs" (Luciano)
1965, de retour à Turin, ils "découvrent" la famille, à Nimis, quasiment 50 ans après, pour un jour seulement !
"J'ai ouvert Fratelli Fabretti TV, le plus grand atelier de Turin avec 24 personnes. Sergio a toujours travaillé avec moi." (Luciano)
Et le destin frappe encore : Bruno meurt peu après d'un cancer le 28 mars 1975 à 61 ans. Adèle s'éteindra en 1996 à 85 ans.
Ses enfants vivent toujours au Piémont :
- Sergio, sa femme Maria BARBIERI (1943 Istria), leurs filles Daniela (9 mai 1971), Viviana (26 novembre 1974), leur fils prénommé Bruno
(15 décembre 1975) en mémoire de son grand-père disparu cette année là.
(Sergio est mort le 9 mars 2016 à 77 ans)
- Luciano, en retraite depuis le 31 décembre 2006, marié, divorcé (Carla BARBERIS - 4 avril 1939), Germana (11 juin 1970)
et Sheila (29 avril 1972), comptable chez un concessionnaire automobile, leurs deux filles.
Facoltà di Architettura-Politecnico di Torino - Tesi di Laurea - Architettura e sensi : Gli elementi "immateriali" nel progetto
di Germana Fabretti
Précepteurs : Eugenia Monzeglio et Germana Bricarello
"La première approche de la connaissance de l'environnement, de la ville et de ses architectures, est le travail de nos sens qui, de l'extérieur,
s'élaborent dans nos esprits.
Le rapport entre le bâtiment et l'homme est dû à la sensibilité et la culture personnelles travaillant ensemble afin de créer chaque jugement et opinion.
Sur la base de cette idée la dissertation doctorale est développée en deux parties : La perception en tant qu'expérience phénoménale, la perception de l'objet
architectonique en ses éléments, incitation de notre faculté de sensation. Les éléments "immatériels" identifiés par la lumière, les couleurs, bruits, odeurs,
répondant aux besoins normaux des utilisateurs : La puissance expressive de ces éléments conditionne l'habitat, influence le comportement, le bien-être
psychophysique ; l'architecture est accomplie par ces éléments immatériels dans une perception totale, comme les lumières et les couleurs
participant
à l'atmosphère créée par le bruit de l'eau débordante.
Actuellement la tendance projecturale, l'idée de la qualité formelle, est l'opposé de l'idée concrète des qualités sensorielles réalisées par une introduction
soigneuse des éléments comme le visuel, le tactile, le thermique, l'olfactif.
Essayer d'observer l'environnement d'une manière plus avertie et d'améliorer la faculté de perception afin d'attraper chaque détail et sentiment, tel était
l'enseignement proposé par le Bauhaus. Mais l'enseignement pratique basé sur une conception unitaire de formes et de couleurs a développé l'attitude passive.
L'excès de références sensorielles est identifié comme tentative d'améliorer les conditions de qualité de vie pour toute personne.
Dans la thèse plusieurs bâtiments modernes sont choisis pour la puissance expressive d'éléments "immatériels" et pour permettre d'autres discussions".
Et la famille s'agrandit : Daniela, à la tête d'un rayon au Mediaworld, a deux enfants, Simone (31 décembre 2003) et Giorgio
(10 octobre 2005). Bruno travaille avec elle. Viviana, caissière dans un supermarché haut de gamme, un, Andrea Fabio (novembre 2011).
Germana un aussi, Sebastiano (30 juillet 2009).
Correctif après vérification auprès de la National Geographic Society :
"Dear Mr. Fabretti :
Thank you for writing to the National Geographic Society.
I regret that our Image Collection has no references to Bruno Fabretti as a contributor to National Geographic.
I am sorry that we could not help you in this instance".
M. R. Lamberton Research Correspondence
National Geographic Society 1145 17th Street N.W. Washington DC 20036, USA
Tél. : 202-857-7609 email : mlambert@ngs.org