Emilio FABRETTI
Annibale, mio nonno Emilio (18 avril 1888 Nimis), est le cadet d'une fratrie de neuf enfants, trois filles et six fils : Elisa °1870, Giuseppe °1873, Felice °1876, Romano °1878 +1940, Cesira °1880, Pietro Micca °1882 +1968, Giovanni °1884, Orsola °1886 +1973.
Lisent approuvent et signent Luigi FABRETTI, Luigi BEARZI...
Durement touchée par l'histoire, la ville, aux maisons entre vignobles et bosquets, lombarde au VIème siècle, subit les incursions slave et hongroise en 955, la conquête vénitienne en 1420, l'invasion turque en 1499, et de grands malheurs au XVIème siècle : famines, tremblements de terre, guerres, épidémies. Vendue par la République de Venise elle devient autonome en 1648, et la région partie intégrante du Royaume d'Italie en 1866.
S'étendant sur 7 846 km2, bordée par l'Autriche au nord et la Slovénie à l'est, elle se compose de quatre provinces administratives : à l'ouest Pordenone (278 400 h) , Udine (518 852 h) au centre, Gorizia (137 800 h) à l'est et Trieste (299 830 h) au sud-est qui lui donne sa capitale.
Les 1 300 000 habitants se répartissent en trois langues de la famille indo-européenne : l'italien (53.5 %), le frioulan (43 %), le slovène (4.7 %).
- Mon parrain Guido Giovanni (13 septembre 1912 Nimis-11 novembre 1962 Chartres), comme l'oncle d'Amérique Giovanni TREPPO de Floriston en Californie
- Bruno (4 février 1914 Nimis) né sous une bien sombre étoile
- et Vilma Caterina (16 août 1915)
La déclarante dénonce la naissance ci-dessus pour avoir assister et prêté l'aide de son art dans l'accouchement de Caterina TREPPO à la place du mari absent de la commune pour raison de travail.
J'ai lu le présent acte devant les intervenants qui ont avec moi soussigné Maria VIZZUTTI...
Décédée avant novembre 1916. Luigi, l'arrière grand-père, voudra que Wilma porte ce prénom en mémoire.
1917, Emilio est à la guerre, la "grippe espagnole" frappe, emportant Caterina. Luigi la suit dans les mêmes jours, le 30 janvier. Le village, commotionné, les enterre en un unique service religieux.
Tante Orsola perd Bruno dans la gare d'Udine
Remariage avec Caterina VENERIO : 2 enfants
Fils de Pietro et Maddalena MICOSSI, Umberto, 36 ans (12 juin 1884 Tarcento ou Sedilis), marié à l'église et père de quatre enfants, arrive à New-York le 19 décembre 1920 via Gênes pour une durée indéterminée, rejoindre son frère Giovanni habitant bx65 Floriston Sierra-Nevada Californie, avec la fiancée de ce dernier Maria Fant 20 ans. Les billets sont payés par Giovanni (qui mourra dans une grève). Ils ont 25$ en poche. Ce sont les frères de Caterina.
Emilio Fabretti, de Nimis Udine, 32 ans, maçon, sachant lire et écrire, marié, arrive à New-York le 22/03/1921 via Gênes sur le Giuseppe Verdi après une traversée de 14 jours (et 520 km Nimis-Gênes), pour aller 5 ans chez son beau-frère Giovanni Treppo à Bx65 Floriston Sierra-Nevada Californie, sans un dollar en poche, à 5800 km de New-York.
Il a fait ce voyage en compagnie d'Antonio Micossi, 23 ans, marié, qui allait aussi chez son ami Giovanni et de Giuseppina Ceschia, 28 ans, célibataire, rejoignant son fiancé Francesco Micosi, 27 Water Street Santa-Cruz Californie, pour une durée indéterminée.
Tous les trois ont payé leur traversée.
FABRETTI Emilio
Authentification de la signature apposée ci-dessus
Le Maire
Il n'est vraisemblablement pas allé à Floriston, son nom étant barré sur le manifeste. En quarantaine à Ellis Island, Caterine a du l'avertir de la naissance de mon père. Retour avant début décembre et déclaration.
C'est une communauté qui s'est développée à la fin du 20ème siècle pour loger des ouvriers du moulin à papier.
La plupart des documents ont été détruits quand le moulin a été arrêté parce qu'il vidait de l'acide dans la Truckee River.
La seule chose restée à Floriston est un certain nombre de maisons privées construites en 1900 par Floriston Pulp et Paper Company. Mais la ville est morte.
Quand le moulin a fermé en 1930 à cause de la pollution par l'acide (le fleuve était complètement dévasté), Floriston Pulp et Paper Company a utilisé la puissance du fleuve pour produire de l'électricité en 1922.
La compagnie avait ses propres canalisations, un tramway aérien et son propre chemin de fer.
Vers 1930, Emilio et Caterina VENERIO (2 octobre 1892 Nimis-3 juillet 1938 Aubergenville) ma grand-mère, leurs enfants Luigi Girolamo (16 juillet 1919 Nimis-13 novembre 1994 Elisabethville), Augusto Pietro mon père (14 décembre 1921 Nimis-11 août 1985 Elisabethville), décident de venir en France, passent à Turin mais Bruno refuse de les suivre et quitter la ville, ses amis et parents "adoptifs".
Aubergenville "village au coin du bois"
Eglise des XIe-XIIIe siècles
L'Acosta :
1236 : des actes mentionnent le Fief des Vignes, du nom du premier seigneur Jean des Vignes
1661 : Mme de Mannevillette construit le château
1711 : la comtesse de Clermont et Tonnerre en devient propriétaire
1756 : il est acheté par Maître Joseph-Emmanuel telle d'Acosta, d'où son nom
La Garenne :
Epaisse forêt, civilisation celte, druides, monuments mégalithiques, menhirs et dolmen. Pièces au musée archéologique de Saint-Germain en Laye
885 : Roll, à la tête de ses Vikings, combat et met en déroute les troupes du Roi de France qui se réfugient à Meulan. La ville est assiégée et tous les habitants passés au fil de l'épée
Il y avait un Manoir de chasse qui a abrité Louis VI le Gros (rdv de chasse), Henri IV (avant le siège de Paris), Louis XIV (partie de pêche), Charles X
1175 : on retrouve dans les archives le Chevalier Hugo de la Garenne, propriétaire du domaine qui en changera plusieurs fois
XVIIIe siècle : la famille d'Hannecourt fait construire, au milieu d'un jardin à la française, un château de très belle allure, admiré des spécialistes locaux, achevé en 1766. (Mon père et moi y sommes allés à l'école avant sa destruction en 1950 par les usines Renault pour les pavillons des Cadres supérieurs. J'ai une assiette du service)
1878, édification de la Chapelle, des communs du château "la Bergerie", 1896, de la Distillerie pour les betteraves produites par la Ferme
1921 : "La Prévoyance Mutuelle Française" achète et gère le domaine afin de fonder une citée, Elisabethville, ainsi nommée en hommage à sa marraine la reine Elisabeth de Belgique
1922 : magnifique golf à 18 trous de 7 km, disparu (où mon père était caddy. Il courrait récupérer les balles et s'offrait un gâteau le week-end grâce aux pourboires)
1923 : 10 villas-types sont construites
1925 : M. Simeoni, immigré italien, est chargé des constructions. Il fait venir d'Italie un important personnel qui se fixe, une partie y demeure toujours
1926-1927 : 150 villas de type belge sont déjà faites. Réalisation des boulevards rayonnant de la Place de l'Etoile et avenues semi-circulaires. Projet (abandonné) d'une voie "royale" Aubergenville-Elisabethville - pont reliant Juziers (le boulevard de Paris). L'Hostellerie du Giboin est construite, aménagement de la "plage de Paris", piscine, hôtel de l'Hermitage, casino-théâtre
Parc public avec kiosque à musique
1927-1928 : grâce au terrain offert par le Président de "La Prévoyance Mutuelle Française" et la vaste souscription Franco-Belge, le 18 septembre 1927 voit la pose de la première pierre de l'Eglise Sainte-Thérèse, la première en béton armé (architecte Paul TOURNON 1er prix de Rome). Inauguration par l'évêque de Versailles le 1er juillet 1928. Inscription aux Monuments Historiques le 25 juillet 1977
Longueur 30m, largeur de la nef 15m, sommet de la croix du clocher 45m
Elisabethville, la Cité-Jardin, propriété privée (les gendarmes n'avaient pas le droit d'y dresser de PV !), est rattachée à Aubergenville en 1960.
La vie n'est pas facile. D'après les rares souvenirs dont mon père "se libérait", la famille survit en mangeant des chats et oiseaux sous le regard de la pie apprivoisée qui disait "va couper du bois". Emilio, maçon-cimentier, toujours parti, était méchant...
Mio nonno meurt en 1935 des poumons.
Catherine reste seule à élever ses fils. Elle garde des enfants, fait peut-être du ménage et repassage.
Elle (Elida) a de beaux souvenirs de ta mémé, de ton père, et de tes oncles ; de ton nonno elle ne se rappelle pas beaucoup parce que probablement il était au loin à travailler. Après l'école elle allait jouer à la maison de ta mémé avec ses cousins, et pense que le souvenir qu'a ton papa du fromage "parmisan" soit un souvenir de ces jeux. Elle jouait en effet à la maman préparant le déjeuner pour ses fils (ses cousins) et probablement mettait le fromage dans le plat. (Sonia)
(Rinaldo)... mon père allait toujours voir sa soeur, moi aussi je me souviens d'elle, elle est venue quelques fois à Fumay.
Quant à tante Caterina, ta grand-mère, elle est venue au Clos-Roland ; je me rappelle très bien, j'étais au lit avec une rougeole, elle m'a pris par le bras, tiré par les pieds et dit combien j'étais grand. Elle est venue encore une autre fois, et mon père est allé la voir plus d'une fois aussi. Un train en manoeuvre a pris en plein tante Caterina alors qu'elle traversait le chemin de fer avec un enfant qu'elle a pu sauver en l'écartant. Mon père, averti tout de suite est parti à Aubergenville une semaine pour l'enterrement et aider les deux fils.
Ton oncle Luigi connaissait Caterina Fabretti qui habitait à Nimis, ma tante, la soeur de ma maman ; il connaissait bien ta famille. Il disait que ta mémé Caterina était une personne très bonne (Sonia 10/04/2008)
(Rinaldo) J'étais très jeune, mais j'ai senti diverses fois qu'on ne disait pas beaucoup de bien d'Emilio Fabretti pour je ne sais quel motif.
(Elida) Je me rappelle lorsque l'oncle Emilio, ton grand-père, et sa femme Caterina Venerio ta grand-mère, sont partis en France avec leurs deux enfants Luigi et Augusto. Quand ils habitaient encore à Nimis j'allais souvent chez eux. La tante Caterina était ma marraine et de France m'envoyait toujours des vêtements.
Ton grand-père avec Caterina Treppo a eu deux fils : Guido et Bruno le dernier, qui a grandi à Turin dans la famille d'un officier de l'armée italienne qui l'avait trouvé à la gare d'Udine, perdu dans l'affolement des gens qui avaient peur de l'armée autrichienne envahissant le Frioul par la route de Caporetto pendant la 1ère guerre mondiale. Le petit Bruno vivait avec la tante Orsola de Feletto, parce que ton grand-père Emilio était en guerre, et elle cherchait à s'éloigner le plus possible du Frioul en partant avec ses êtres chers.

Commentaires
alfredo hector fabretti le 31/08/2008 à 15:56:25mi abuelo era alfredo fabretti, tengo entendido que era marino. tuvo 9 hijos en argentina y se que pudo haber tenido familia en brasil. mi padre era domingo breno. mi hermano era emilio...mi abuelo murio en 1955 aprox. mi padre nacio en 1918. yo naci en 1950, por eso casi no conoci a mi abuelo. mis tios, Duilia, olga, juan, "atia",... mi prima lina... y otros nombres no conozco, por llamarlas por apodos.
no se si seremos la misma rama, tal vez me lo pueda ud. decir .
atentamente
D. Masfrand site : grmcae.jimdo.com | le 30/10/2009 à 12:55:43
Bonjour
Nous venons de mettre en place une association qui ambitionne de collecter les "mémoires" des gens et lieux d'Auber/Elisa et sa région...
Nous sommes de la même génération et il me semblait intéressant pour notre groupe de vous contacter pour vous faire savoir que vous avez une place à nos cotés si cela peut vous intéresser.
Bonne journée. Cordialement D. Masfrand