Raphael FABRETTI

Raphaël : de l'hébreu "Dieu nous guérit"
(Raphael - Raphaelis - Rafaelle - Raffaelle - Raffaello - Raffaele)
(Fabretti - Fabretto - Fabrettus - Fabbretti)
Monsignore Raffaello Fabretti, Archevêque de l'Archidiocèse d'Urbino, est le plus ancien personnage retrouvé de la saga Fabretti, le plus illustre par l'intensité de vie et la qualité de l' oeuvre !
Evêque : Prélat chargé de la direction spirituelle d'une circonscription territoriale réglée à l'origine sur les diocèses de l'administration romaine et comprenant un certain nombre de paroisses. Les évêques ont le titre de Monseigneur.
Archevêque : Prélat ayant un certain nombre d'évêques pour suffragants.
Suffragant : se dit des évêques à l'égard du métropolitain dont ils dépendent.
Archidiocèse : circonscription ecclésiastique placée sous la responsabilité d'un archevêque.
Diocèse : circonscription administrative établie en Asie mineure par les Romains.
Plus tard sousdivision de l'empire romain, sous Constantin, gouvernée par un vicaire.
Étendue de pays sous la juridiction d'un évêque.
Vicaire : Adjoint à un supérieur pour le remplacer en certaines fonctions.
Terme d'antiquité. Gouverneur d'un diocèse, qui exerçait son autorité au nom des préfets du prétoire.
Ecclésiastique qui assiste un évêque ou un curé dans ses fonctions.
Paroisse : Circonscription dans laquelle un curé dirige le spirituel.
LES MARCHES
Au centre de l'Italie, entre les Appenins et la côte Adriatique, une très petite région touristique connue, les Marches -d'un antique mot allemand signifiant "pays le long de la frontière" (Saint Empire Romain)- doucement vallonnée de la mer à la montagne, entre dans l'histoire -bien que l'on retrouve des traces d'il y a 100 000 ans- au 9e siècle av. J-C avec les "Picenus", peuple d'origine controversée installé dans le sud de la région en ayant suivi un oiseau sacré, un pic. Divisés en tribus indépendantes avec leurs propres langues, ils étaient incapables de former une administration politique. Soumis par les Athéniens en 395 av. J-C, la seule mémoire de ce peuple est la ville d'Ascoli Picenno.
Les Marches en 295 av. J-C intègrent l'Empire Romain qui construit des routes, toujours utilisées, afin d'unir les états satellites à Rome. Les Marches sont un pluriel à cause du nom des fiefs des nobles. "La Pax Romanum" dure plus de 300 ans jusqu'à l'invasion des Goths, puis l'exarchate byzantin, et Charlemagne vers la fin du VIIIe siècle.
Partie des états papaux, le territoire est entre les mains de seigneurs locaux et les villes principales règnent en communes libres. Au XIIe siècle la commune d'Ancona résiste aux autorités impériales de Frederick Barbarossa et de la République de Venise.
Les Marches sont gouvernées par des moines et prêtres qui construisent de nombreux monastères et cathédrales sur tout le territoire, lieux de prière d'art et de gouvernement.
La Renaissance voit la région se déchirer entre les familles aristocratiques rivales, les maisons de Malatesta de Rimini et de Fano, et Montefeltro d'Urbino. Au XVIe siècle elle est encore partie des états papaux . La dernière entité indépendante, le duché d'Urbino, est dissoute en 1631, la République d'Ancona (1797) est créée pendant la période napoléonienne, puis la région fusionne avec la République romaine, le royaume d'Italie (1808-1813) et le 4 novembre 1860 est annexée au royaume unifié d'Italie par un plébiscite.
L'église perd son pouvoir, mais les édifices religieux sont toujours classés comme musées eu égard aux objets d'art des plus importants trouvés en leurs murs.
Les Marches sont surtout formées de communautés rurales (principalement agriculture et pêche). L'équipement moderne n'est pas accepté, et jusqu'à 1965, il n'était pas inhabituel de voir dans un champ une charrue en bois tirée par des vaches, maintenant un rituel de vie lente.
Le territoire marchigiano, divisé en cinq provinces -Ancona, Ascoli Piceno, Fermo, Macerata, Pesaro e Urbino- jouxte au nord-ouest la République de Saint Marin, au nord l'Émilie Romagne, à l'est la Mer Adriatique, au sud les Abruzzes et le Lazio, à l'ouest l'Ombrie et la Toscane.
Le port d'Ancona fonctionnait en système traditionnel de mezzadria, les produits étant également divisés entre propriétaires et cultivateurs de la terre, à cause du sol improductif et du terrain difficile.
Puis les Marches développent les secteurs industriels des chaussures, papier, meubles, construction navale, fournissant un grand contingent de marins à la marine italienne.
URBINO
L'antique Urbinum Mataurense, dont l'emplacement des murs peut encore être tracé, et ses environs sont riches en inscriptions. Détenue par les Goths, sous Pépin partie du domaine pontifical, elle devient commune au XIe siècle. Elle prend de l'importance, devenant capitale du comté de Montefeltre. En 1213 Bonconte de Montefeltro est élu podestà d'Urbino, mais les habitants se rebellent, formant une alliance avec la commune de Rimini (1228), et en 1234 deviennent maîtres de la cité. Eux et leurs descendants furent les chefs des Gibelins (parti politique, partisan de l'Empereur dans les luttes qui opposèrent l'Empire et la Papauté aux XIIIe et XIVe siècles). Federico I (1296-1322) augmenta le domaine, mais les taxes exorbitantes provoquèrent son assassinat et la cité reconnut la suprématie papale.
La ville d'aspect médiéval, aux rues étroites et tordues, située sur une colline entre les vallées de Metaurus et de Foglia, dans une région montagneuse mais cultivée, est dominée par le palais ducal érigé par Luciano da Laurana, architecte de Dalmatie, de 1460 à 1482. Considéré par les contemporains comme la résidence idéale, sa cour est la plus belle de la Renaissance, excepté peut-être celle du Cancelleria à Rome. Il contient une collection d'inscriptions antiques constituée par Raffaele Fabretti.
Urbino a une université libre fondée en 1564 avec des facultés de droit, mathématiques-physique, une école de pharmacie et obstétrique, et un hôpital fondé en 1265.
Elle est un des premiers centres d'activité d'art et littérature en Italie. Piero della Francesca y a écrit son travail sur la science de la perspective.
Au XVIe siècle l'état d'Urbino est un des principaux centres de production de la majolique, la plupart des pièces les plus fines étant destinées aux ducs. Parmi les noms distingués de la ville, lieu de naissance du Pape Clément XI, notons Bramante, le plus grand architecte de son temps.
La modeste maison de Raffaele est maintenant propriété d'une société des artistes, formant un musée de ses gravures et autres travaux. Un monument lui a été érigé sur la piazza en 1897. Le théâtre est un des premiers d'Italie ; la première comédie italienne du cardinal Na Bibbiena et Raphael y a été exécutée. La magnifique bibliothèque réunie par le Montefeltro et des ducs de Della Rovere a été transférée à la bibliothèque du Vatican en 1657. La ville a fabriqué de la soie, de la majolique et des briques.
Puis il va à Rome étudier le droit et entre très jeune dans l'administration de l'Etat Pontifical avec des charges de diplomatie et magistrature. Il se fait remarquer par le Cardinal Imperiali Lorenzo, qui l'emploie comme trésorier puis auditeur de la légation papale en Espagne où il reste treize ans, ne négligeant pas les études classiques et anciennes. Lors de son retour il fait des observations importantes sur des reliques et monuments d'Espagne et France où il rend visite à Ménage avec qui il correspondra, ainsi qu'avec Mabillon, le Père Hardouin, Spanheim.
Gilles MENAGE, écrivain français (1613-1692), entame une carrière d'avocat avant de devenir abbé et se consacrer entièrement à ses travaux. Philologue érudit, juge de l'esprit et du goût dans les salons et réunions (les Mercuriales) qu'il tenait chez lui, admiré de Mesdames de La Fayette et Sévigné, il prend part dans des querelles littéraires, comme le respect de la règle de l'unité de temps. Il publie un ouvrage condamnant les intrusions de l'Académie française sur la langue, est l'auteur de plusieurs études linguistiques et de grammaires d'où est tiré le premier grand dictionnaire étymologique de notre langue. Poète à ses heures, l'ensemble de ses madrigaux, épigrammes, épîtres, églogues, bons mots et remarques critiques sont rassemblés dans un recueil posthume intitulé Menagia.
Dom Jean MABILLON, Bénédictin et érudit français (1632-1707), bibliothécaire à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, anime une société érudite. Il établit des collections de vies de Saints fondées sur une recherche critique, fait progresser l'étude scientifique des documents médiévaux et défend le travail intellectuel des religieux.
Traité des études monastiques.
Le Révérend Père Jean HARDOUIN de la Compagnie de Jésus, Jésuite et historien français (1646-1729), est connu pour ses polémiques au sujet de l'authenticité de la plupart des textes hérités de l'Antiquité. Il publie une édition critique des textes conciliaires.
"...Le R.P. Hardouin de la Compagnie de Jésus, étoit extrêmement doux dans le commerce de la vie civile ; il joignoit à un savoir immense une conversation liante, qui le faisoit aimer de tous ceux qui l'approchoient. Mais la crainte d'être trompé lui fit prendre des mesures excessives. Il parvint enfin à s'imaginer, qu'à l'exception de six Auteurs profanes, & de la Bible Vulgate, tout ce que nous avons des Monumens anciens étoient autant de supercheries inventées par des misérables & des fripons des XIIIe & XIVe siécles, qui vouloient détruire la Religion. Ces Auteurs étoient Homére, Hérodote, Plaute, Pline l'ancien, & quelques parties de Virgile & d'Horace..."
Il était bibliothécaire à Louis le Grand.
Friedrich SPANHEIM, historien de l'église réformée, (1632 Genève-1701), professeur de dogmatisme à Heidelberg et de théologie à l'université Leiden, sera jusqu'à sa mort professeur académique, théologien contradictoire, prédicateur et chef de bibliothèque.
Il est gardien des membres de l'Eglise réformée orthodoxe et combat dans ses ouvrages le Cartésianisme.
Il gravit la hiérarchie administrative, est nommé Juge de l'Appellation du Capitol, auditeur de la légation à Urbino, vicaire d'Innocent XI (1676) et se consacre à la recherche antique examinant avec un soin minutieux les monuments et inscriptions de la Campanie, aux études d'histoire et d'archéologie sur les aqueducs romains et la Colonne Traiana.
LA CAMPANIE
La Campanie, de campus = campagne-terre plate et Capua-Capoue, région d'Italie méridionale s'étendant à l'ouest de la chaîne des Apennins, est déjà peuplée au Néolithique, occupée par des colonies grecques (fondation de Naples), phéniciennes, étrusques et sunnites -VIIe IIIe siècles-, par les Romains -IIe - (routes, agriculture). L'éruption du Vésuve détruit Pompei en août 79.
Domination lombarde, byzantine, normande (royaume de Sicile). La croissance économique démarre au XIIIe où Naples est capitale du sud de l'Italie. Déclin économique grave sous la domination espagnole aux XV XVIe siècles, mais la puissance revient sous les Bourbons aux XVII XVIIIe (agriculture, industries).
Ses terres fertiles, tabac, céréales, vignobles, oliviers, orangers, citronniers, tomates, entourent le Golfe de Naples, capitale de la Pizza et du folklore italien, la Tarantelle. La région, dominée par la dangereuse silhouette du Vésuve, célèbre volcan toujours en activité, est divisée en 5 provinces : Avellino, Bénévent, Caserte, Naples, Salerne
Le campanile :
La Campanie est célèbre dans les premiers siècles de l'ère chrétienne pour sa métallurgie, en particulier la fabrication de cloches et sonnailles. Les premiers monastères reprennent cet usage pour avertir les moines des diverses prières et offices religieux, et les églises comportent peu à peu des clochers ou campaniles séparés pour des cloches de plus en plus grosses.
Le 20 février 1690 Leibniz vient le voir, lors d'un séjour en Italie.
Gottfried Wilhem LEIBNIZ (1646-1716) Philosophe et mathématicien allemand pour qui l'esprit est la seule réalité substantielle et dont le nom est lié au calcul différentiel, à la science du mouvement ou dynamique.
Il lutte pour la réunion des églises chrétiennes, conscient de la crise à venir.
Il établit la théorie des monades : l'étendue est divisible en parties, donc agrégat de substances. L'inertie est résistance donc force. Ces unités simples actives sont les monades.
La perception est l'expression du multiple dans l'un. Les monades perçoivent l'univers entier mais n'en ont pas conscience. Elles tendent à la perception la plus claire et la plus distincte. Cette lutte, c'est ce qui existe.
Il y a harmonie préétablie, déterminisme moral, Dieu ayant choisi le meilleur monde possible.
Toutes les idées sont virtuellement en l'homme, mais il a besoin de l'expérience pour les éclaircir.
Innocent XII (1691) lui confie la garde des archives secrètes du Castel Sant'Angelo, charge qu'il maintient jusqu'à sa mort à Rome le 7 janvier 1700.
Pontificia Accademia Ecclesiastica 1710 (Vatican).
LE CASTEL SANT'ANGELO
Le Castel Sant'Angelo, sur la rive droite du Tibre, face au pont Saint-Ange, non loin du Vatican, est une rotonde massive en travertin recouvert de marbre, sur une solide base carrée, surmontée d'un quadrige de bronze mené par l'empereur Hadrien. Construit en 135 pour servir de mausolée à sa lignée, ses cendres, celles de sa femme et de son fils adoptif, y sont entreposées dans la Salle du Trésor, une chambre profonde.
HADRIEN (76-138)
D'une famille italienne émigrée en Espagne, orphelin à 12 ans, il est recueilli à Rome, juge à 19 ans, courageux et d'une grande endurance physique commandant de l''armée à 20, Gouverneur à 31, Conseiller privé à 35, et en 117 Empereur à la mort de Trajan, cousin éloigné qui l'avait adopté.
Il renonce aux conquêtes, réorganise l'armée, les institutions juridiques et financières, le pouvoir central, mène une nouvelle politique agricole.
Très intelligent et instruit, d'une mémoire prodigieuse, très fin d'esprit et passionné d'architecture, art grec, il fait construire le Panthéon et encourage les arts et lettres.
Nombreux voyages à travers tout l'Empire.
Il meurt dans d'horribles souffrances, les cœur et poumons lui provoquant de terribles crises d'étouffement, après un suicide raté et le refus de ses amis de mettre fin à ses jours.
Très vite, le bâtiment est détourné de ses fins funéraires pour devenir militaire, intégré en 403 à la muraille aurélienne comme bastion avancé, puis après l'attaque des Goths, inclus en 547 dans une structure fortifiée protégeant la rive droite. Le quartier prend le nom de Borgo.
En 590, Grégoire Ier a une vision de l'archange Michel sur les créneaux, lui annonçant la fin de l'épidémie de peste. D'où le nom et la statue de Saint Michel terrassant le démon qui coiffe l'ouvrage.
Après le pillage par les Sarrasins de la basilique Saint-Pierre, Léon IV (847) relie le Borgo dévasté par une muraille, formant la "cité léonine".
Le château est ensuite transformé en prison (dont personne ne s'échappa), où quatre Papes du IXe siècle meurent.
Les papes de la Renaissance en font leur refuge en cas d'attaque, ajoutant bastions et appartements privés. En 1277, Nicolas III bâtit un couloir suspendu reliant le château au Vatican, le passeto, offrant ainsi une possibilité de fuite rapide.
Quand Urbain V (1362) quitte Avignon pour rentrer à Rome, il se fait remettre non les clefs du château qui reprend le rôle de forteresse protégeant le Vatican.
En 1389, Boniface IX restaure le château à demi en ruines, y fait percer une large rampe hélicoïdale à sens unique de 125 mètres le long permettant le transport de vivres et munitions. Des meurtrières sont creusées. Des logements sont aménagés pour le Pape.
En 1527, le Pape Clément VII s'y réfugie lors du Sac de Rome, et Giordano Bruno y est emprisonné sept ans.
Giordano BRUNO (1548 près de Naples - 1600 Rome) (Filippo Bruno)
Philosophe, théologien, prêtre italien de la Renaissance, il acquiert une connaissance approfondie de la mnémotechnique à 14 ans, du latin, Aristote, Saint Thomas d'Aquin, Platon, Érasme, de la métaphysique, la cosmologie, et s'initie à l'ésotérisme, l'astrologie, et la cabale.
Il entre en 1565 chez les Frères prêcheurs du prestigieux couvent dominicain San Domenico Maggiore, vit selon la devise verba et exempla (par le verbe et l'exemple) et est ordonné prêtre en 1573.
Il proclame l'existence d'un Dieu unique se manifestant dans la nature hors de toute religion révélée, Dieu est la substance et la vie de toutes choses (natura naturans), l'univers un animal infini dont Dieu est l'âme, reflet d'une divinité unique dirigeant toute chose, univers vivant où tout, de l'animal au minéral, possède une âme.
"l'Univers est infini, peuplé d'une multiplicité de mondes analogues au nôtre"
Il affirme que la sphère des étoiles fixes n'existe pas, mais qu'elles sont des soleils !
Accusé d'hérésie, il fuit en 1576, menant une vie errante à travers l'Europe (Italie, Chambéry 1578, Genève 1580, Lyon, Toulouse, enseigne au Collège de France à Paris, Angleterre 1583, Allemagne 1587)
Revenu en Italie, trahi, il est dénoncé au Saint-Office en 1592, blanchi à Venise mais transféré et incarcéré au château Saint-Ange.
Chefs d'accusation : repousse les images saintes, le dogme de la Trinité, la virginité de Marie, pratique l'art divinatoire, croix en la métempsycose, affirme que Jésus n'est pas Dieu, mais un magicien exceptionnellement habile, que l'Esprit Saint est l'âme du monde, et qu'il faudra aussi que le Diable fût sauvé le jour du Jugement dernier...
"Le roi Henri III me fit appeler un jour, et me demanda si cette mémoire que je possédais et que j'enseignais était une mémoire naturelle ou si elle était obtenue par la magie, je lui démontrais qu'elle n'était pas obtenue par la magie mais par la science".
"Je ne recule point devant le trépas et mon cœur ne se soumettra à nul mortel."
"Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter."
Condamné au bûcher :
"Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à l'accepter."
Nu avec un mors l'empêchant de parler il est brûlé vif, refusant le crucifix qu'on lui tend, sur le Campo Dei Fiori, où en 1889, les franc-maçons italiens lui érigent une statue.
Une loge créée en 1985, de l'obédience du Grand-Orient, porte son nom.
Bruno est un pionnier en astronomie, physique, philosophie.
Bibliographie non exhaustive :
Candelaio (1582) (Le Chandelier), comédie satirique
Della causa, principio e uno (1584) (La cause, le principe et l'un)
Dell'infinito, universo e mondi (1584) (De l'infini, l'univers et les mondes)
Dans ces ouvrages il expose une vision cosmographique audacieuse et révolutionnaire dépassant les thèses coperniciennes.
Spaccio de la bestia trionfante (1584) (L'expulsion de la bête triomphante) s'attaque aux attitudes calvinistes et catholiques.
Cabala del cavallo Pegaseo (La cabale du cheval Pégase), opuscule satirique, démolissant la référence aristotélicienne.
De gli eroici furori (1585) (Les fureurs héroïques) élimine l'idée d'un monde centré, en présentant un univers où Dieu n'a plus de lieu.
De innumerabilibus, immenso, et infigurabili (1591) réexamine sa cosmographie.
De monade numero et figura (1591), réflexion sur le rapport entre nombres et figures géométriques. De triplici minimo et mensura, sur l'infiniment petit, précurseur des études sur l'atome.
De imaginum, signorum et idearum compositione (De la composition des images, des signes et des idées), qui introduit un prodigieux système mnémotechnique.
On pénètre dans le château par sa seule entrée, au bout du pont Saint Ange à trois arches orné de statues, et on accède à la rampe.
Impressionnant par ses forme circulaire, escaliers chausse trappe, cours suspendues, raffinement extrême des appartements papaux, fresques, salle de bains, cours de théâtre décorée de fresques sépia, cellules, oubliettes, salles d'armes, et superbe vue du haut de la terrasse de l'Ange, Rome et ses alentours à 360 ° .
UN ARCHEOLOGUE DU XVIIe SIECLE.
Urbino se rappelle son grand humaniste et archéologue Raffaele Fabretti mort il y a 300 ans (2000). Dans sa maison natale aura lieu une inauguration de ses écrits conservés à la bibliothèque de l'Université d'Etudes, et à l'Académie de Raffaello une exposition de la médaille commémorative exécutée par le sculpteur Antonio Fontanoni. À Pian del Monte, dans le jardin public, sera dévoilé le buste en bronze de l'archéologue. Enfin, dans la salle didactique de la Galerie Nationale des Marches, contiguë à la cour d'honneur du Palais Ducal, Angela Donati, du Département d'Histoire Antique de l'Université de Bologne, illustrera la figure du chercheur mort en 1700.
Antiquaire, collectionneur, érudit et écrivain d'épigraphes, Raffaello Fabretti est universellement reconnu prince studieux de l'antiquité romaine. Né en 1620 de noble famille urbinate, il cultive son intérêt pour l'archéologie et les épigraphes de Rome, là où il a la charge de diriger les fouilles des nécropoles de Rome et des environs. Il constitue une des plus vastes collections existantes d'inscriptions de monuments (épigraphes, bas-reliefs) vers 1690 dans son habitation principale d'Urbino et sa maison de campagne de Fontesecca, 4676 pièces objet de minutieuses descriptions dans un volume illustré qu'il publie à la fin du XVIIe siècle.
Cette collection constitua le noyau essentiel de la récolte d'inscriptions antiques exposées en 1756 par le Cardinal Legato Giovan Francesco Stoppani au Palais Ducal où elle peut encore être vue aujourd'hui dans le Musée Archéologique.
Museo archeologico di Urbino. Storia e presentazione delle Collezioni Fabretti e Stoppani, 1986
Il est conseiller culturel de trois papes, inspirateur de la fondation du mouvement littéraire de l'Arcadia, au secrétariat de laquelle il appelle son jeune protégé, Giovanni Mario Crescimbeni (1663-1728), littérateur italien, né à Macerata (Ancône) auxquel nous devons la biographie des Fabretti qu'il publia en 1708, utilisant une précédente oeuvre de l'Abbé urbinate Domenico Riviera.
Fondée en 1690, la Société Arcadienne, première académie italienne à admettre des femmes, était principalement consacrée à la réforme de la littérature italienne, par un rejet des vanités baroques en faveur d'un langage clair de forme simple.
Il fréquente le cercle de la Reine Christine de Suède.
CHRISTINE DE SUEDE (Kristina Vasa), (1626 Stockholm - 1689 Rome), reine de 1632 à 54, élevée comme un garçon, devient à six ans "la reine Christine" à la mort de son père.
Elle met fin à certains conflits. La paix de Westphalie, signée en 1648, fait de la Suède la première puissance nordique. Couronnée en 1650, elle renonce à son trône en 54, abdique en faveur de son cousin Charles Gustave, et quitte sa Suède natale le jour du couronnement.
Habillée en homme, avec une suite réduite de douze personnes, elle traverse l'Allemagne, la Hollande protestantes, parvient aux Pays-Bas espagnols -premier pays catholique de son itinéraire- où elle est reçue par l'archiduc Léopold. Son séjour de onze mois à Anvers et Bruxelles lui vaut une réputation de lesbienne libertine scandaleuse.
Elle arrive à Rome en novembre 1655, où le nouveau Pape Alexandre VII lui déroule le tapis rouge : le collège des cardinaux, à la porte de la ville, l'accompagne avec la noblesse romaine jusqu'à la basilique Saint-Pierre où elle se prosterne devant l'autel. Pour l'Eglise, la conversion d'un personnage aussi important représente une victoire sur l'hérésie protestante. Le jour de Noël, elle retourne à Saint-Pierre faire sa première communion qu'elle reçoit des mains du Pape qui l'invite à dîner -honneur extraordinaire pour une femme- avant qu'elle ne soit escortée en procession au Palais Farnèse, mis à disposition par le duc de Parme.
Comme elle refuse d'adopter les moeurs d'une catholique dévote, la curie prend ses distances.
Elle revendique le trône de Naples, fait alliance avec le duc de Guise et Mazarin qui voulait fonder une dynastie Bourbon servant de contrepoids à la puissance de l'Espagne.
Trahie par son écuyer Monaldeschi qui prévient les Espagnols, elle le fait assassiner par trois gardes dans la Galerie des Cerfs. Christine rentre en Italie, envisage un instant de revendiquer le trône de Pologne, et se fixe à Rome.
En 1674, elle y crée l'Accademia Reale équivalente à l'Académie française.
Protestante, elle se convertit au catholicisme après son abdication, mais se montre cependant émue du sort des protestants de France, subissant la politique de conversion forcée du pouvoir royal. D'esprit très ouvert, féministe avant l'heure, très cultivée et sportive pour l'époque, elle écrit des livres et discute avec de nombreux savants philosophes et artistes dont Blaise Pascal et René Descartes, parle plusieurs langues, suédois, allemand, italien, latin et français -langue de l'élite européenne de l'époque- fait venir en Suède nombre de personnalités.
Son mode de vie -opposée au mariage, maîtresse du comte Magnus de la Gardie- et sa liberté d'expression ne sont pas du goût des protestants luthériens.
Fréquentant les jésuites, tourmentée par le besoin de Dieu, elle devient très croyante et ascète comme Pascal.
Elle meurt en 1689 à Rome. Son corps repose au Vatican, dans la basilique Saint-Pierre (les Saintes-Grottes).
Blaise PASCAL (1623-1662) savant, penseur, écrivain français. Génie précoce, il écrit à onze ans une dissertation acoustique et assimile seul la géométrie euclidienne.
Théorème de Pascal (1639), calcul des probabilités, calcul intégral, hydrostatique
1647 "Les sens sont seuls les principes et maîtres"
1654 Traité du triangle arithmétique - calcul des probabilités
Les Pensées
"Misère de l'homme sans Dieu. Félicité de l'homme avec Dieu".
René DESCARTES (1596 - Stockholm 1650) savant et philosophe français. Entre à 10 ans au collège des Jésuites de La Flèche où il apprend les mathématiques et prend connaissance des découvertes que Galilée fait grâce au perfectionnement de la lunette astronomique. Il passe une licence de Droit à Poitiers en 1616, puis voyage à travers l'Europe. Il a une révélation en Allemagne le 10 novembre 1619 : les lois de la nature sont d'essence mathématique
Dioptrique (lois d'optique : théorie mathématique de la lumière)
1636 Météores (explication de phénomènes naturels)
Géométrie (bases de la géométrie analytique : géométrie / algèbre - calcul infinitésimal)
1637 Discours de la méthode (principes de la pensée scientifique, ébauche d'une métaphysique)
"ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je la connusse évidemment être telle"
"diviser chacune des difficultés... En autant de parcelles qu'il se pourrait... Pour mieux les résoudre"
"conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples... Pour monter peu à peu jusqu'à la connaissance des plus compliqués"
"faire partout des dénombrements... Et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre"
1641 Méditations métaphysiques (le plus sûr moyen d'éprouver ses certitudes est d'essayer d'en douter)
"Cogito ergo sum" "Je pense donc je suis"
"Tout ce qui est est espace ou conscience"
1644 Principes de philosophie
1645 Traité des passions de l'âme
Parti à la Cour de Christine de Suède, il prend froid un jour d'hiver et meurt d'une pneumonie.
Sa maison de Borgo Pio devient un salon intellectuel européen, où les spécialistes de passage trouvent hospitalité et stimulations culturelles. Un de ses amis préférés, Adrien Auzout, est un mathématicien français avec lequel il fait de longues promenades discutant de mécanismes et mesures, une des passions intellectuelles de l'époque.
Adrien AUZOUT (Rouen 28 janvier 1622 - Rome 23 mai 1691), astronome et physicien.
Fils d'un clerc à la cour de Rouen, Adrien Auzout fréquente dans cette ville Blaise Pascal. En 1648, il entame une correspondance épistolaire avec Marin Mersenne, puis rejoint le cercle savant autour de Henri Louis Habert de Montmor. Il plaide, à la suite d'observations en 1664-65, en faveur de l'orbite elliptique ou parabolique de comètes, s'opposant à Johannes Hevelius. Il est un des membres fondateurs de l'Observatoire royal de_Paris. Acquis aux idées de Huygens, il travaille en 1667-68 avec Jean Picard à appliquer la lunette astronomique au quart de cercle et à construire le micromètre à fil mobile pour mesurer le diamètre apparent des petits objets et des corps célestes. Ils sont les premiers à mesurer avec exactitude le degré d'arc du méridien terrestre entre Sourdon, au sud d'Amiens, et Malvoisine, au sud de Paris.En 1666, il entre à l'Académie des Sciences mais la quitte en 1668 à la suite de sa vive critique de la traduction de Vitruve par Claude Perrault. Il part pour l'Italie où il passe les vingt dernières années de sa vie.
On a donné son nom au cratère d'Auzout sur la Lune.
Publications :
Lettre de M. Auzout du 17 juin à M. Petit, etc. (1665). À propos d'une fausse observation d'Hevelius sur la comète de 1665.
Lettre à M. l'abbé Charles sur le « Ragguaglio di due nuove osservationi, etc. », da Giuseppe Campani, avec des remarques où il est parlé des nouvelles découvertes dans Saturne et dans Jupiter et de plusieurs choses curieuses touchant les grandes lunetes (1665)
Manière exacte pour prendre le diamètre des planètes (1667)
Traité du Micromètre (1667)
Lettres sur les grandes lunettes
Canonico - Chanoine : Nom donné d'abord aux cénobites, puis à tous les clercs.
Clerc séculier, membre d'un corps dit chapitre qui, attaché à une église cathédrale ou collégiale, sert de conseil à l'évêque.
SAINT-PIERRE
La Basilique Saint-Pierre est construite sur l'emplacement du tombeau de l'apôtre Pierre, dans la nécropole où il fut crucifié en 64 ou 67, lieu d'identification de la religion chrétienne, culte officiel de l'empire romain, par Constantin de 315 à 326, date de son inauguration.
Complètement dégradée après plus d'un millénaire d'histoire, elle est restaurée au XVe siècle, arrêtée, le projet modifié pour l'édification d'une nouvelle cathédrale. Les travaux, confiés en 1506 à Bramante qui détruit la basilique et commence ce qui est la plus grande cathédrale de la chrétienté (193m de long sur 120m de haut, plan en croix latine à 3 nefs), dureront jusqu'en 1626.
Le coeur de la basilique est la tombe de saint Pierre, surmontée de l'autel majeur, du baldaquin monumental en bronze de le Bernin, de la coupole de Michel-Ange (1546, 131m de diamètre, subdivisée en 16 nervures qu'éclairent 16 fenêtres). Y sont représentés les 16 premiers Papes, les 12 apôtres, saint Paul, le Baptiste, Marie et le Christ, 4 rangées d'anges.
Lieu de couronnement des empereurs d'Occident de 800 (Charlemagne) à 1452 (Frédéric III), elle abrite de nombreuses reliques : la montée au Calvaire (le linge de Véronique), le supplice du Golgotha (sainte Hélène qui retrouva le bois de la Croix), la mort du Christ (saint Longin et la lance), et tombes papales (les 16 premiers Papes).
Le Colisée est en partie détruit aujourd'hui parce qu'il a surtout servi pour les nouvelles constructions du moyen-âge... et la basilique Saint-Pierre a hérité de ses pierres.
"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux".
VIA NOMENTANA
Via Nomentana, ancienne voie romaine au nord-est de Rome, sont déposées Constance et Hélène, filles de Constantin, dans un splendide mausolée.
A côté Constance édifie, dès le IVe s., la Basilique de Sainte Agnès, à proximité de la tombe de la jeune martyre. L'église actuelle est au-dessus de la tombe de la sainte. La mosaïque de l'abside est un des plus purs exemples d'art byzantin à Rome. A partir de l'église, on accède aux catacombes où est déposé le corps.
SANTA MARIA SOPRA MINERVA
Sa façade massive cache une vue unique à Rome : voûtes ogivales bleu et or, vitraux aux lumières roses, colonnes corinthiennes, sol en marbre. Une énigme gothique bâtie sur l'emplacement d'un temple à Minerve, commencée en 1280, terminée en 1370, transformée à la Renaissance et au Baroque, et mal ramenée à son état médiéval au XIXe siècle.
Pourquoi est-ce le seul exemple d'architecture gothique à Rome, à l'ombre de la structure classique la plus parfaite de Rome, le Panthéon ?
Pourquoi cette surabondance de trésors artistiques : chapelles, tombeaux de grandes familles romaines, mémoriaux, monuments funéraires de papes et cardinaux, sarcophages, statues, fresques, peintures, portraits, bustes et mosaïques.
Et les fantômes qui hantent cette église :
- Catherine de Sienne (1347-1380), dont le corps sans tête est sous l'autel principal, qui a joué un rôle politique important en persuadant les papes de revenir d'Avignon à Rome.
- Giovanni de Fiesole (1387-1455), Fra Angelico (33), moine dominicain peintre de la Renaissance qui a décoré des chapelles privées du Vatican.
- Leo X (Giovanni de Medici, 1513-1521) (34) et Clément VII (Giulio de Medici, 1523-1534) (35).
- Paul IV (1555-1559), grand inquisiteur de la Contre-Réforme, pontife dominicain grave et redouté responsable de l'index des livres interdits et de l'emprisonnement des juifs. Sa statue à la bouche ricanante et menaçante est effrayante.
- Michelangelo représenté par une statue du Christ le Rédempteur, commencé en 1519 et terminé par un de ses élèves (28).
Des fresques magnifiques de Filippino Lippi, exécutées de 1488 à 92, dépeignent le "triomphe" de Saint Thomas d'Aquin, dominicain, probablement le plus grand théologien médiéval. Au-dessus, des compositions dont il est impossible de décrire la beauté.
Il existait à Rome en 2006 une Fondation inspirée de l'oeuvre de Fabretti, au soin des derniers descendants de sa famille, dont le siège est situé 68 via Nicola Salvi prés de la Pio Sodalizio dei Piceni (Dr Giorgio FABRETTI).
"Cette Fondation est encore active à cette adresse, à ses derniers descendants, via Nicola Salvi 68, Roma 00184, tél. 0039 06 4817418, email : fondofabretti@hotmail.com. Sa dernière initiative est une conférence à Rome, du 20 au 28 janvier 2008 au Castel Madama, avec la Sapienza Università di Roma, au sujet des aqueducs romains et en particulier (contribution de la Fondo Fabretti) de la création du premier musée au monde sur les aqueducs, le musée Raffaele Fabretti, dans l'ancien Castle Colonna de la petite ville de San Gregorio da Sassola (Roma), idée et projet sous la direction scientifique du Professeur Giorgio Fabretti, historien et antropologue, Presidente del Fondo Fabretti."
(Information complémentaire relative à la Fondation Raffaele Fabretti (Fondo Fabretti), aimablement communiquée par le Professeur d'Architecture Alessandro Camiz de la Sapienza Università di Roma, que je remercie vivement)
La Fondation a réuni les oeuvres et matériels biographiques sur Raffaele Fabrettide : il Pontificio Istituto di Archeologia Cristiana (in Vaticano), l'Università di Urbino (Prof. Mario Luni), il Pio Sodalizio dei Piceni (in Roma), la Fondazione "Raffaello" (in Urbino), l'Accademia Americana di Roma (nei pressi del Gianicolo).
Giorgio Fabretti, né en 1951 à Rome, professeur à la Sapienza Università di Roma, anthropologue et historien, a étudié depuis plus de trente ans des modèles logiques et cognitifs (relatifs à la connaissance) d'innombrables cultures, recherches trouvant application en consultations institutionnelles et géopolitiques et dans l'enseignement universitaire, en Italie et aux USA.
LES TRAVAUX DE RAFFAELE :
- Son interprétation de certains passages d'auteurs classiques l'implique dans une controverse avec Gronovius.
Johann Friedrich GRONOVIUS (Hambourg 1611-Leyde 1671), érudit et critique allemand. Après avoir étudié dans plusieurs universités, il voyage en Angleterre, France et Italie, est nommé professeur de rhétorique et d'histoire à Deventer, et à la chaire grecque à Leyde, où il meurt.
Dans cette polémique Fabretti a employé le pseudonyme "Iasitheus", gardé comme nom pastoral dans l'Académie des Arcadiens.
- LES AQUEDUCS ROMAINS
Il fait la première recherche systématique du système d'aqueducs romains, alors que les études sérieuses sur la façon dont la ville éternelle obtenait son eau ne commenceront qu'au XVIIe siècle. Son traité, De aquis et aquaeductibus veteris Romae dissertationes tres (1680), est cité comme référence par tous les spécialistes de la topographie romaine. Bien que les résultats n'aient jamais été invalidés, et en dépit de son énorme importance, il n'a jamais été traduit du latin original. Sa contribution mérite bien plus d'attention qu'elle n'en a reçu.
- L'Aqua Alexandrina , construit par Alexandre Severus, prend sa source dans les terres de Tusculum à environ vingt deux kilomètres de Rome, entre Gabii et le Lac Regillus. De petite hauteur il était destiné pour les bains de Severus qui se trouvaient dans une des vallées de Rome (Fabretti).
- L'Aqua Septimiana, construit par Septimius Severus, était probablement une branche de l'Aqua Julia, faite par l'Empereur pour amener l'eau à ses bains (Fabretti)
- L'Aqua Algentia prenait sa source au M. Algidus par la Via Tusculana, 9000 passus de Rome, selon Fabretti. Son constructeur est inconnu.
Afin de résoudre les problèmes de salubrité et d'adduction, Rome n'ayant que le Tibre et des puits , on construisit des aqueducs pour amener de l'eau pure depuis les collines éloignées : conduites souterraines en pierre, conduites à l'air libre sur structures de maçonnerie ou arches, en terre cuite, plomb, bois ou cuir.
Les deux premiers aqueducs sont souterrains : l'Aqua Appia, 18 km, construit en 312 av. J.-C. par Appius Claudius Caecus, et l'Anio Vetus, 70 km, construit entre 272-269. Le troisième, l'Aqua Marcia, 144-140, utilisant des arcades, avait 100 kilomètres de long. L'Aqua Tepula est construit en 125, l'Aqua Julia en 33 , l'Aqua Virgo en 19 pour alimenter les thermes du Champ de Mars. Auguste construit l'Aqua Alsietina en 2 av. J.-C.. Les plus magnifiques sont l'Anio Novus en 52 av. J.-C., 95 km de long et jusqu'à 30m de haut, et l'Aqua Claudia en 47 construits par Claude. Ces deux aqueducs se réunissaient, à proximité de Rome, formant deux conduits superposés. L'Aqua Traiana construit par Trajan en 109, et l'Aqua Alexandrina construit par Sévère Alexandre en 226.
L'eau était propriété publique, entreposée dans des réservoirs (castella), et distribuée dans les fontaines publiques, thermes, et certaines habitations contre redevance ou location.
Montfaucon l'Antiquite Expliquée. Fabretti a composé un ouvrage très érudit sur les aqueducs de Rome.
- LA COLONNE TRAJANE
De Columna Traiani Syntagma. [triremes sur les colonnes trajans) (Rome 1683), et Inscriptionum Antiquarum Explicatio (Rome, 1699), jettent beaucoup de lumière sur l'antiquité romaine.
La colonne Trajane élevée par Trajan pour commémorer sa victoire sur les Daces.
Les reliefs qui la décorent sont une sorte de chronique illustrée et continue sur toute la colonne ; on y a sculpté des gros plans, des vues plongeantes et des vues d'ensemble. C'est une figuration du temps et de l'espace, une transmission d'un contenu moral et politique qui insiste sur l'humanité des vainqueurs.
Son interprétation d'un bas-relief représentant la guerre et la prise de Troie, connu sous le nom de Table Iliaque est maintenant au Musée du Capitole à Rome.
Table iliaque, bas-relief de 10 x 10 x 2.5 cm en marbre jaune à grain fin du 1er siècle après J.-C., découvert au XVIIe siècle dans les ruines d'un temple de la voie Appienne, appelé ainsi parce qu'elle reproduit les hauts faits d'Achille devant Troie (Ilion).
- LES CATACOMBES DE ROME
Il assume la charge de diriger aux creusements des catacombes et de la zone autour de l'Appia Antica où il aime se promener avec son cheval derrière la Villa des Quintili -d'où le surnom de "Marco Polo" donné par ses amis, d'après le célèbre voyageur vénitien. Il se dédie à la recherche, avec des nombreuses découvertes, et forme de nombreux élèves qui fondent après sa mort les premiers cours d'archéologie de la nouvelle Sapienza Università di Roma.
L'APPIA ANTICA
La plus célèbre route romaine (via Appia, via Appienne) relie Rome à Brindisi, le plus important port de commerce avec la Grèce et l'Orient.
Commencée en 312 av JC par le consul Appio Claudio afin de relier Rome aux provinces méridionales, rapprocher la capitale de l'Empire de l'Afrique et l'Orient, d'une largeur d'environ 4m, pavée de blocs basaltiques, elle était jalonnée tous les 10 km, dans certaines portions, de postes pour changer les chevaux et de lieux de restauration-repos pour les voyageurs. Construite à partir d'une voie existante, elle reliait Capoue, puis fut prolongée jusqu'à Bénévent en 190, et Brendisi au prix de travaux "romains" : ponts, canaux, jetées...
Elle devient rapidement une voie sacré, consacrée au culte des défunts.
Les premiers cimetières chrétiens y sont établis à la fin du 1er siècle : Catacombes de San Callisto au IIe siècle, et San Sebastiano.
LA VILLA DES QUINTILI
Elle présente les ruines d'une ancienne propriété d'une riche famille romaine, les frères Quintilii, consuls en 151, figures de l'aristocratie sénatoriale et soutiens de l'Empereur Marc Aurèle, mis à mort en 182 par Commode qui confisque tous leurs biens.
Les découvertes des fouilles du XVIIIe siècle, tombes et objets historiques, sont exposés dans les musées du Louvre, du Vatican...
Cimetières romains chrétiens :
Catacombe de Saint Castulo via Labicana, Cimetière de Saint Castulus, catacombe ; IVe siècle après J-C, située via Casilina -où habite Adriana FABRETTI !- à 1 km de la Porta Maggiore, à gauche de la rue du talus de la voie ferrée Roma-Napoli, trouvée intacte par Fabretti en 1672 ; aujourd'hui inaccessibile.
La petite catacombe est probablement la sépulture du martyr Castulus, sous l'Empereur Dioclésien tué en 305 après JC, d'après les Actes de St. Sébastien le mari d'Irène, la pieuse dame dont la maison avait recueilli le corps du soldat-martyr. Elle est déposée dans une galerie d'une cava di pozzolana creusée entre des piliers sous la Porta Maggiore. Le cimetière s'étend sous la vigne d'une propriété des Padri del Terzo ordre de S. Francesco. Plusieurs des galeries ont été démolies durant la construction de la voie ferrée de Civitavecchia en 1864 et sous le bombardement de 1943. La catacombe s'étend probablement sur deux plaines, mais les conditions actuelles de conservation, l'état de ruines des couloirs et cryptes, ne permettent pas de recherches ultérieures.
- LETTRES & AUTRES TRAVAUX
Publiés dans Le Journal des Savants
Le 5 janvier 1665 parait à Paris le premier périodique savant sous forme d'un bulletin hebdomadaire de douze pages, afin de faire connaître sans retard "ce qui se passe de nouveau dans la République des lettres" : le Journal des savants, bibliographie critique des ouvrages savants, compte-rendu des "nouvelles découvertes qui se font dans les arts et les sciences" .
Il connaît un succès rapide avant d'être pris en charge par les académies et la bibliothèque du Roi.
- - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
...il n'en est pas moins certain que la ferrure est en ufage parmi nous. On ne sait si cette pratique étoit générale chez les Romains. Fabretti, qui prétend avoir examiné tous les chevaux représentês sur les anciens monumens, sur les colonnes & sur les marbres, déclare n'en avoir jamais vû qu'un qui soit ferré.
- - Bonnets, Petases, Chapeaux
Différents chapeaux expliqués par la sculpture dans la Galerie Justinienne et d'après Fabretti.
- - Langue française
Les Celtes, originaires de l'Asie, s'appelaient Gail ou Gael, et de ce mot les Grecs ont fait Keltes, et les Romains Galli. L'Alphabet gaulois tiré de Fabretti.
- - ABRéGé DE LA CRUSCA, ou dictionnaire portatif de la langue italienne
(Fabretti R.P.)
L'auteur appartient à la Compagnie de Jésus.
La Compagnie de Jésus (Societas Iesu) est un ordre fondé à Rome en 1540 par saint Ignace de Loyola, organisé selon les Constitutions rédigées par le fondateur. Sans rejeter les principes de la vie des moines, ses membres vivent au milieu des autres hommes, pratiquant un apostolat les amenant à se déplacer beaucoup. Elle est dirigée par un Praepositus Generalis, Supérieur général élu à vie, entouré d'assistants dont quatre sont élus. Leurs tâches sont réparties par zones géographiques ou ministère. Ces assistants forment le Conseil consultatif auprès du Général.
Un "admoniteur" conseille le Général, le prévenant quand il agit de manière imprudente ou contraire aux canons de la foi.
Un vicaire général assisté d'un secrétaire s'occupent de l'administration quotidienne.
Les membres sont répartis dans des provinces géographiques, chacune dirigée par un Supérieur provincial assisté d'un socius, secrétaire général en charge de l'administration
Chaque communauté de Jésuites est gouvernée par un recteur assisté d'un "ministre" (ou "serviteur").
Les candidats sont astreints à :
- deux ans de noviciat dans la solitude et la prière se terminant par des vœux simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance
- deux ans d'étude des matières classiques
- trois ans de philosophie, mathématiques et sciences physiques
- ils se vouent à l'enseignement pendant quelques années...
- avant de retourner trois ans à des études de théologie. L'ordination est alors prononcée
- Suivent une quatrième année d'études théologiques et une année de retraite et de prière, avant qu'ils n'achèvent leur formation, devenant ainsi coadjuteur ou profès. Les coadjuteurs prononcent des vœux perpétuels simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Les profès font les mêmes mais à caractère solennel. Ils s'engagent à aller là où le pape les enverra et renoncent à toute fonction ecclésiastique en dehors de l'ordre.
Pendant cent cinquante ans, ils dominent l'enseignement européen.
Les missions ont beaucoup d'importance. La correspondance des missionnaires constitue un témoignage ethnologique, historique, scientifique unique d'une valeur exceptionnelle, à l'influence notable sur la philosophie des Lumières.
La spiritualité de la Compagnie repose sur les Exercices spirituels composés par Ignace de Loyola et se caractérise par une obéissance stricte et un grand zèle apostolique.
La Compagnie s'occupe essentiellement d'activités missionnaires, puis se tourne dès 1547 vers l'enseignement, qui devient l'activité principale vers la fin du siècle ; sa devise Ad maiorem Dei gloriam (AMDG) (Pour la plus grande gloire de Dieu), explique la diversité des tâches : enseignement, prédication, missionnaires, directeurs de conscience, théologie, recherches scientifiques, etc.
Dès le XVIe siècle un collège est ouvert à Rome alors que des membres sont déjà au Congo, Brésil et Angola, et dans l'Empire ottoman.
À la mort d'Ignace de Loyola, la Compagnie compte plus d'un millier de membre, et soixante ans plus tard 13 000 dans toute l'Europe où elle lutte contre l'influence protestante, en Extrême-Orient et en Amérique. Mais elle doit faire face à de violentes persécutions dues à sa nouveauté, son soutien inconditionnel au pape, l'efficacité de son organisation centralisée, son influence sur les rois et la haute noblesse, ses positions théologiques et ses méthodes missionnaires d'assimilation.
Au XVIIIe siècle les Jésuites sont chassés du Portugal, de France, d'Espagne, et suscitent une telle opposition que le pape Clément XIV supprime l'ordre. Rétabli, les attaques continuent au XIXe en France où ils sont bannis. Il manifeste aujourd'hui une grande vitalité dans 112 pays.
Le terme Jésuite apparaîtra au XVIe siècle avec une connotation péjorative donnée par les Luthériens.
Ils installent une Maison Professe à Paris, dans le quartier du Marais, accueillant les meilleurs théologiens et scientifiques, avec une grande chapelle, l'église Saint-Louis (aujourd'hui Saint-Paul Saint-Louis). Le cardinal de Richelieu y donne la première messe. La noblesse vient écouter les sermons des prédicateurs, Madame de Sévigné. On y entend la musique de Marc-Antoine Charpentier et Jean-Philippe Rameau, maîtres de musique.
Ils vont tenter de convertir l'Extrême-Orient, les indigènes d'Amériques, et luttent contre l'influence protestante :
XVIe siècle Japon, Pérou, Chine, XVIIe Québec, Tibet, XVIIIe Brésil
Ignace de Loyola naît en 1491 en Espagne, dans une famille de la petite noblesse basque. Jusqu'à trente ans, c'est un homme "adonné aux vanités du monde, avec un grand et vain désir d'y gagner de l'honneur". En 1521 il est blessé au siège de Pampelune.
Pendant sa convalescence il se "convertit", et pendant treize ans parcourt le monde comme "pélerin de Dieu". De 1522 à 23 il mène une vie d'ermite et rédige les Exercices spirituels, puis se rend à Jérusalem, dans les universités espagnoles et celle de Paris. En France, il regroupe six étudiants de qualité (dont Pierre Favre premier prêtre ordonné de la Compagnie) qui décident de ne plus se séparer, et s'engagent en 1534 à professer cinq voeux : pauvreté, chasteté, obéissance au supérieur, obéissance au Pape, et se rendre à Jérusalem convertir les infidèles, ou si le voyage n'est pas possible, se mettre à la disposition du Pape. Ordonné prêtre à Venise en 1537 il célèbre sa première messe à Noël 38. En 1539, il écrit Formula instituti, esquisse des constitutions finales de la Compagnie, acceptée par les pape Paul III et Jules III. En 1541, Ignace de Loyola est élu à l'unanimité général de la Compagnie, et lorsqu'il meurt à Rome en 1556, la Compagnie de Jésus compte plus de mille membres, soixante-douze résidences et soixante-dix-neuf maisons et collèges.
- - Biblioteca Augusta
Anche qui, come negli Acta Eruditorum, sono recensiti libri di argomento vario di autori importanti: libri teologici, fisici e medici, matematici (algebra, geometria), storici e geografici, filosofici e psicologici (Fabretti).
- - Pendant la République Romaine, les citoyens les plus pauvres ont été aidés par des distributions publiques de maïs, d'huile et d'argent, appelées CONGIARIUM. Ces distributions n'étaient pas destinées qu'aux adultes : l'empereur Nerva fut le premier qui en fit bénéficier les enfants, et Trajan ordonna d'en faire chaque mois aux orphelins et aux enfants des parents démunis. Ces enfants se sont appelés Alimentarii Pueri et Puellae.
Des fragments intéressants trouvés chez Velleia, près de Placentia, nous ont appris les sommes qui ont été ainsi distribuées. Ce système a continué sur une plus grande échelle sous Hadrien et Antoine, a cessé sous Commodus et Pertinax, puis a repris sous Alexander Severus, avec le nom de Mammaeani en l'honneur de la mère de l'Empereur. Nous apprenons, d'un décret de Hadrien, que les garçons bénéficiaient de ces avantages jusqu'à dix-huit ans, et les filles jusqu'à quatorze, et, d'une inscription (Fabretti), qu'un garçon de quatre ans et sept mois reçu neuf fois la distribution mensuelle ordinaire de maïs.
- - Mesure du liquide
Mesures de liquide Romaines expliquées par divers récipient en bronze de la collection Foucault et d'après Beger et Fabretti.

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