Ariodante FABRETTI
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Par son exceptionnel cursus, Ariodante est, avec Raffaele, le fleuron des FABRETTI : Né le 1er octobre 1816 en Ombrie, terre riche de trois millénaires d'histoire (Étrusques, Romains, Chrétiens, Byzantins, Lombards), à Perugia où les Étrusques, maîtres es fortifications, ont construit la plus parfaite voûte parvenue jusqu'à nous.
LES ÉTRUSQUES
Entre les VIIIe et IIIe siècles av. J.-C., la civilisation étrusque brille de la plaine du Pô à la Campanie. Éducatrice de Rome, son héritière, on ne connaît pas avec certitude son origine. La langue, parlée seulement en Italie du nord et mer Egée, n'est pas indo-européenne, et l'écriture, de droite à gauche, a 26 signes. Artisanat raffiné -orfèvrerie- commerce actif, régime monarchique, ensevelissement des cadavres, calendrier lunaire...
Sa période de splendeur (VIIIe-Ve siècles), fut marquée par la création de villes confédérées au plan en damier.
Les Étrusques s'installent à Rome, fondent Capoue, contrôlent Bologne, la rive adriatique, les cols alpins, prennent pied en Corse, mais la victoire de la flotte grecque en -474 et l'invasion celte de -396, stoppent leur expansion.
PERUGIA
a fait briller au XIIIe siècle la renaissance des idéaux et des conceptions de la beauté, comme en témoignent le Palazzo dei Priori et la Fontana Maggiore au centre de la place, et conserve de splendides monuments : le Palais Communal (XIIIe-XVe siècles), la Cattedrale San Lorenzo (1345-1490)... L'université, fondée en 1308, était considérée comme l'une des meilleures d'Italie, et l'on y pratiquait déjà l'autopsie en 1366.
Ville à l'histoire mouvementée qui connut les vicissitudes de la Ombrie et la domination papale de 1535 à 1860, elle recèle telle l'arche étrusque de nombreux trésors : Galleria Nazionale, Museo Archeologico Nazionale dell Umbria...
Il suit, dans cette ville magnifique, des études classiques, l'histoire locale, l'archéologie, matières qui marqueront sa destinée, sympathise avec l'archéologue Giovanni Battista Vermiglioli et le spécialiste en langue grecque Antonio Mezzanotte, et en 1839 s'inscrit à la Faculté de Médecine de l'Université de Bologne où il obtient un Baccalauréat en 40 et une Licence de médecine vétérinaire en 41.
Il devient Vice-bibliothécaire communal en 1842, et se met à l'écriture de "Biografie dei capitani venturieri dell Umbria" (42-46).
En 1844 il épouse Filomena Ferretti -née en 1820- qui ne lui donnera pas de fils. La lignée Fabretti passerait-elle par un frère ?
Suppléant de Vermiglioli à la chaire d'Archéologie en 1846, il en est le Titulaire en 48.
Puis il adhère à la Carboneria, aux Giovine Italia.
LA CARBONERIA
Sous l'Empire Austro-Hongrois, le Congrès de Vienne de 1815 s'attache, pour protéger les trônes en place, à découper l'Italie en fonction de leurs intérêts. L'Empire possède le Trentin, l'Istrie, occupe la Lombardie, la Vénétie ; le reste de l'Italie est sous son hégémonie par de nombreux liens militaires et dynastiques.
L'opposition entre en clandestinité, participant au "Risorgimento" (le Sursaut 1816-1817), comme la Carboneria dont le but est d'abattre la monarchie et conquérir la liberté politique par le biais d'une constitution. Un carbonaro est un fabricant de charbon de bois des montagnes forestières d'Italie du Sud. Pendant l'occupation française du Royaume de Naples, de nombreux irréguliers les rejoignent pour y être en sécurité et mener leur combat.
Organisation politique née en 1806, elle rassemble de grands noms comme Giuseppe Garibaldi. Devant respecter la plus haute discrétion, ses membres -libéraux modérés, constitutionnalistes et légalistes- utilisent les noms et expressions des travailleurs des mines de charbon, d'où son nom. Durant l'été 1820, à Naples, ils se soulèvent mais la révolte échoue et le mouvement disparaît après les répressions d'octobre 1820.
GIOVINE ITALIA
Giuseppe Mazzini (1805-1872), patriote et révolutionnaire italien, affirmant que "la patrie d'un Italien n'est ni Rome, ni Florence ou Milan, mais l'Italie tout entière", adhère à la Carboneria, ardent propagandiste des idées révolutionnaires et démocratiques. Poursuivi, il s'exile à Marseille où il écrit une lettre adressée au roi de Piémont-Sardaigne l'enjoignant à prendre la tête du mouvement national italien. Sa demande n'aboutissant pas, il fonde les journal et mouvement Giovine Italia. Déterminé à chasser les Autrichiens d'Italie, réaliser l'unité politique et installer la République, il se fait l'initiateur de l'action révolutionnaire, estimant que l'Italie peut s'unifier seule sans aide étrangère, rédige de nombreux ouvrages politiques, fait de "pensée et action" son slogan, réfléchit au concept de l'État : la "Troisième Rome", communauté morale devant guider les actes pour améliorer l'humanité, l'amener sur la voie du progrès et du bonheur, unie par des droits et devoirs communs.
Exilé à Londres, il demande au pape Pie IX de prendre la tête d'un mouvement émancipateur. Revenu en Italie, il tente de s'opposer à la proclamation du Royaume d'Italie en 1861 au profit de Victor-Emmanuel II, revendiquant toujours la République. Clandestin, emprisonné, libéré, il meurt à Pise.
Intègre, ascétique, il a vécu corps et âme à la réalisation de son projet.
En février 1849, élu Secrétaire de l'Assemblée Constituée de la République Romaine, il participe à la rédaction de la Constitution.
Emigré à Florence puis à Turin en 1850 , il est en 58 Assistant du Museo di Antichità, en 60 à la Chaire de Professeur d'Archéologie à l'Université, et l'Académie des Sciences l'accueille.
S'orientant vers le "social", il organise une "mutuelle" pour l'assistance des exilés nécessiteux (subventions, centre de réunion et d'échanges culturels, cantine, bibliothèque, service médical).
TURIN
Son histoire commence au IIIe siècle av. J.-C. le long du Pô avec les premières tribus "taurines", descendant de la fusion des celtoligures et des populations gauloises à la recherche de plaines cultivables. Jules César y fonde un "castrum", centre militaire au plan carré entouré de remparts, pour surveiller la frontière nord.
Porte principale des Alpes occidentales, à la chute de l'Empire, Turin passe sous domination des Goths, Lombards et Francs qui établissent un comté au VIIe siècle. Une longue période suit alternant jeux de forces batailles et alliances : Turin est concédée à l'Empereur de Savoie Frédéric II.
En 1404, fondation de l'Université. Début XVe siècle le Duc de Savoie en fait sa capitale qui, en 1536 devient française. Puis le Duc Emanuele Filiberto transfère son règne à Chambéry.
De 1620 à 30 les édifices prennent leur aspect actuel : Piazza Castello, Palais Royal, Palazzo Madama, Eglise de San Lorenzo, Cappella della SS. Sindone (chapelle du Saint-Suaire).
Mais cet essor est brusquement stoppé par une terrible épidémie de peste.
1706 écrit une page célèbre de son histoire : le siège des Français est rompu grâce aux troupes alliées autrichiennes et au sacrifice héroïque de Pietro Micca dans les galeries souterraines de la Citadelle.
La Basilique de Superga est érigée en signe de gratitude.
En 1863, affiliation à la Loge Maçonnique "Dante Alighieri" dont il devient Vénérable Maître. Membre du Conseil Suprême en 1875, il représente le lien entre la première génération maçonnique et la nouvelle, participant à la réforme de la Franc-Maçonnerie de la Ombrie.
FRANC-MAÇONNERIE
D'origine obscure, la franc-maçonnerie est l'héritière directe des confréries de bâtisseurs et tailleurs de pierre, formées sur les grands chantiers de cathédrales à partir du Xe siècle en Europe. Puis préoccupations ésotériques, notions d'humanisme, tolérance et philanthropie se font jour.
L'idéal de cette organisation philanthropique universelle, est l'amélioration matérielle, morale, intellectuelle et sociale de l'humanité, la lumière et la sagesse, la droiture et la bienfaisance.
Depuis l'origine du Grand Orient d'Italie, la loge "Dante Alighieri" est la plus importante de la Maçonnerie italienne.
Voici quelques membres :
Di Agostino De Pretis, futur Président du Conseil - le Député Francesco De Luca - Antonio Mordini, Ministre dei Lavori Pubblici - Saliceti, Armellini, Aurelio Saffi triumvirat de la République Romaine - Francesco Crispi (1818-1901), homme politique italien qui participa à l'expédition des Mille avec Garibaldi, chef de la gauche italienne, Ministre de l'Intérieur (1877), Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères (1877-1891) et Giuseppe Garibaldi (1807-1882) patriote italien dont les opinions l'obligent à s'expatrier en Amérique latine où il participe à la lutte du Brésil contre le Rio Grande et à la guerre entre l'Uruguay et l'Argentine. Rentré en Italie il forme à Milan un corps de volontaires pour participer au soulèvement contre la domination autrichienne.
Après de brillantes victoires sur les troupes du Roi de Naples pour Victor-Emmanuel, jugeant le gouvernement trop modéré, il monte deux expéditions pour rétablir Rome comme Capitale mais échoue.
Lors de la guerre de 1870, il apporte son concours aux républicains français à la tête des "Chemises rouges".
Il est élu Député de Rome en 1875.
Nouvelle période d'écriture : 1866, "Analogia delle antiche lingue italiche con la greca, la latina e coi dialetti viventi", et de 1867 à 1880, "Corpus inscriptionum italicarum antiquioris aevi", premier Corpus Inscriptionarum des langues d'Italie.
D'assistant, il devient Directeur du Museo di Antichità en 1873.
Il entre en 1876 à l'Accademia dei Lincei -fondée à Rome en 1603 pour l'étude des sciences naturelles, mathématiques et philosophie- et en 77 à l'Accademia della Crusca -fondée en 1582 à Florence par cinq membres de l'Académie Florentine, elle se donne pour objectif la purification du toscan qui s'impose comme modèle et la langue littéraire de la Renaissance italienne.
Deuxième épisode politique comme Député de 1876 à 80.
1878, nouvel ouvrage, "Mosaico di Acqui"
Puis, alternant avec la rédaction de "Gli scavi di Caru" en 79, "Regio museo di Torino, ordinato e descritto" en 82, "Necropoli della Cascinetta" en 85, "Documenti di storia perugina" et "Cronache della città di Perugia" de 1887 à 94, il est de 1878 à 94 Directeur du Museo Egizio, de 1880 à 83 Directeur de l'École Supérieure de la Faculté des Lettres et de Philosophie de l'Université, Directeur du Musée d'Antiquité, en 1883-86 Président de l'Académie des Sciences, de 86 à 91 vice-président, de 1882 à 88 et de 1891 à 94 Fondateur et Président de la Société d'Archéologie.
MUSÉE ÉGYPTIEN
Turin s'enorgueillit du musée égyptien le plus important au monde après celui du Caire.
Fondé en 1824 par le Roi de Sardaigne, le Museo Egizio est riche de 30 000 objets et documents sur l'histoire et la civilisation égyptiennes, l'art et la vie quotidienne aux temps des Pharaons, de la période pré dynastique (IV millénaire av. J.-C.), à l'Empire romain (31 av. J.-C.).
Jean-François Champollion séjourna à Turin pour étudier cette collection et en rédiger le premier catalogue.
Il fonde en 1883 la Société pour la Crémation et en est Président jusqu'en 1894, incinération légalisée en 1963 par le Pape Jean XXIII, Franc-Maçon...
SOCIÉTÉ POUR LA CRÉMATION
Le centre d'études Ariodante Fabretti, par ses recherches et consultants scientifiques, vise à devenir un point de référence pour tous ceux se consacrant aux sujets relatifs à la mort, et à l'histoire de la crémation dans le Monde.
En 1886 il est le Président du Congrès International des Américanistes qui "a pour objet de contribuer au progrès des études ethnographiques linguistiques et historiques relatives aux deux Amériques, spécialement pour les temps antérieurs à Christophe Colomb, et de mettre en rapport les personnes qui s'intéressent à ces études"
De nouveau en politique, Conseiller Municipal de Turin en 1887 et Sénateur du Royaume en 89.
Puis Membre, associé, correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de France, et de 1892 à sa mort, Directeur de la classe des Sciences Morales de l'Académie des Sciences.
Il meurt le 15 septembre 1894 dans sa villa de Monteu da Po -ou à Turin car ... "Dans les registres des actes de décès de cette commune n'est pas présent le signore FABRETTI Ariodante", Le Maire Laura Gastaldo- est incinéré, ses cendres envoyées à Perugia, sa ville natale où une rue porte son nom -comme à Monteu da Po, Rieti et Roma- à qui il lègue sa bibliothèque de 4500 volumes.
Ariodante fut bien un acteur primordial de son temps, un "fondamental" comme l'on dit aujourd'hui.
REMERCIEMENTS A :
Marco Novarino, Secrétaire Général de la Fondation Ariodante Fabretti pour la Crémation
Elena Borgi, Directrice de l'Accademiea delle Scienze : www.accademiadellescienze.it
Dr. Vittorio Gnocchini, Directeur des Archives Historiques du Grand Orient d'Italie : www.grandeoriente.it
La Direction du Musée Archéologique
Le Secrétariat du Président du Conseil Communal
Laura Gastaldo, Maire de Monteu da Po
... Pour avoir aimablement répondu à mes questions, et qui m'ont permis, par leur aide -recherches et publications- de finaliser cet article.
SOURCES :
- Google, WebEncyclo et Yahoo! Encyclopédie
- Thais, Musei Online, Archeoprovincia, Associazione internazionale di Archeologia Calssica, Centro Studi e Museo di Arte Preistorica, Etruscan Philology Online
- ENIT Ente Nazionale italiano per il Turismo, In Italy Online, Italia Viaggiare in Italia, ItalianVisits, ItalyCyberGuide, Le Regioni d'Italia, Comuni d'Italia, Umbria 2000 turismo, Argoweb et Italy Perugia guides, Archivio di Stato di Torino, Comune Torino, Turismo Torino.

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