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Recherches complémentaires

RECHERCHES COMPLéMENTAIRES

Marco Novarino, Secrétaire Général de la Fondation pour la Crémation :

[Ariodante] "...adhère à la Carboneria, aux Giovine Italia, et à la Franc-Maçonnerie..."

La Carboneria
Sous la houlette de l'Empire Austro-Hongrois, le Congrès de Vienne de 1815 s'attache, pour ne pas mettre en danger, voire à bas les trônes en place, à diviser pour régner, découpant l'Italie en fonction des enjeux et intérêts des seules monarchies, sans la moindre attention aux populations. L'Empire Autrichien possède le Trentin et l'Istrie, occupe la Lombardie et la Vénétie tandis que le reste de l'Italie est sous son hégémonie par de nombreux et étroits liens militaires et dynastiques : les Duchés de Parme, de Modène, le Grand-Duché de Toscane. Le Royaume de Naples et l'état Pontifical ont conclu des traités d'alliance militaire avec Vienne.
L'opposition devant entrer en clandestinité, des sectes et sociétés secrètes pullulent propageant les idéaux libéraux et participant donc du "Risorgimento" (le Sursaut), comme la Carboneria dont le but est d'abattre l'absolutisme monarchique et conquérir des libertés politiques par le biais d'une constitution. Un carbonaro est, au sens propre, un fabricant de charbon de bois des montagnes forestières d'Italie du Sud. Pendant l'occupation française du Royaume de Naples, de 1806 à 1815, de nombreux irréguliers les rejoignent pour y être en sécurité et mener leur combat contre la domination étrangère.
Elle naît en 1806 en tant qu'organisation politique, rassemblant de grands noms, comme Giuseppe Garibaldi le père de la nation italienne. De rituel similaire, elle n'est pas un essaimage de la Franc-Maçonnerie.
Au Royaume de Naples, vers 1810, des officiers français de l'armée de Murat se détachent de "la Massoneria" pour créer une autre association secrète, "la Carboneria". Se répandant très rapidement dans le reste de l'Italie, en France et Espagne, elle est la principale cause d'inquiétude des gouvernements jusqu'en 1830. Ces membres, officiers, aristocrates, intellectuels, bourgeoisie libérale, devant respecter la plus haute discrétion, utilisent les noms et expressions typiques des travailleurs des mines de charbon, d'où le nom de "charbonnerie".
Cette société, à la structure fortement hiérarchisée et cloisonnée par son caractère clandestin, aux buts éminemment démocratiques, qui ne sépare pas l'égalité des fortunes de la liberté politique, comporte 9 grades sous la direction d'un petit nombre d'initiés prenant soin, pour raisons de sécurité, de demeurer inconnus, d'où l'usage courant de pseudonymes, écriture cryptée, messages et plans confiés à des émissaires. Entre eux, les carbonari s'appelaient "Bons Cousins" ou "Bons Amis".
Elle se développe principalement dans le Mezzogiorno, où elle est la première tentative d'organisation politique rassemblant intellectuels, étudiants, bourgeoisie du commerce, professions libérales, militaires dont le but est l'unification et l'indépendance de la Nation italienne.
La population de Montelupone, près d'Ancona (Marche), participe aux conspirations de l'après Congrès de Vienne et en constitue l'un des premiers foyers ; au palais Emiliani, des citoyens provenant de la région et de la Romagne préparent avec enthousiasme les premières émeutes révolutionnaires de l'Italie du Risorgimento (1816-1817).
Les carbonari sont libéraux modérés, constitutionnalistes et légalistes. Mais les militaires exercent très rapidement une influence dominante, et la transforment : pour eux, le recours à la violence, aux armes, aux coups de force est une voie naturelle d'action.
Durant l'été 1820, à Naples, encouragés par la révolution en Espagne, les carbonari se soulèvent pour réclamer une constitution. Bien que cette première révolte se solde par un échec, c'est à partir de cette date que la Carboneria s'étend à toute l'Italie.
Mais elle disparaît après les répressions féroces des milieux libéraux, carbonari et fédérés de Lombardie-Vénétie d'octobre 1820, contre la rébellion de la garnison militaire d'Alessandria au Piémont de mars 21, et l'insurrection de Bologne de 31.
 
Giovine Italia
Né à Gênes, d'une famille de patriotes francophiles, Giuseppe Mazzini (1805-1872), patriote et révolutionnaire italien, étudie la philosophie et le droit, obtient sa licence en 1827 et entre au barreau. Dès cette époque, il affirme que "la patrie d'un Italien n'est ni Rome, ni Florence ou Milan, mais l'Italie tout entière", et pour faire triompher ses idées unitaires, il adhère à la Carboneria, se fait ardent propagandiste des idées révolutionnaires et démocratiques et crée de nouvelles loges, comme à Livourne en 1830.
Poursuivi pour son activité de carbonaro, arrêté et emprisonné, libéré en février 31, il s'exile en Suisse, puis en France à Marseille, où il écrit une lettre publiée par de nombreux journaux, adressée au roi Charles-Albert de Piémont-Sardaigne, l'enjoignant à prendre la tête du mouvement national italien. Sa demande n'aboutissant pas, il fonde en juillet le journal et le mouvement Giovine Italia, qui compte bientôt des sections dans de nombreuses villes italiennes. Déterminé à chasser les Autrichiens d'Italie, pour réaliser l'unité politique de la péninsule et installer la République, il se fait le promoteur de l'action révolutionnaire, estimant que l'Italie peut s'unifier seule, sans aide étrangère, à condition que l'inertie de la population soit vaincue. Il rédige de nombreux ouvrages politiques, fait du couple "pensée et action" son slogan, réfléchit au concept de l'État, communauté morale qui doit guider les actes pour améliorer l'humanité, l'amener sur la voie du progrès et du bonheur, unie par des droits et devoirs communs. C'est la mission de la "Troisième Rome" qui doit succéder à la Rome Impériale et à la Rome Pontificale.
1837, il s'exile à Londres, et demande au pape Pie IX de prendre la tête d'un mouvement émancipateur (8 septembre 1847).
Nouvel exil londonien. Revenu en Italie en 1859, il tente encore de s'opposer à la proclamation du Royaume d'Italie en 61, au profit de Victor-Emmanuel II, revendiquant toujours la République. Il vit alors dans la clandestinité, sous un faux nom, est impliqué dans des soulèvements, emprisonné. À sa libération, il s'installe à Pise où il meurt.
Sa vie durant, Giuseppe Mazzini a contribué à former des révolutionnaires, des patriotes qui ont lutté pour l'unité du Pays. Il a laissé le souvenir d'un homme intègre, ascétique, dévoué corps et âme à la réalisation de son projet unitaire et républicain.
Son héritier, le Parti Républicain Italien, ne triomphe qu'en 1946, et édifie à Rome, face au Palatin, un monument national à la gloire de ce héros dont les valeurs et la droiture morale ont influencé en profondeur une partie de la classe politique italienne.

"...Membre de l'Accademia dei Lincei en 1876 et della Crusca en 77..."

Accademia dei Lincei
Fondée à Rome en 1603 pour l'étude des sciences naturelles, mathématiques et philosophie, elle disparaît à la mort de son fondateur en 1630 puis se reforme à Rimini en 1745, avant d'être réintronisée à Rome sous le nom de "Nuovi Lincei". Elle prend le nom d'Académie Pontificale en 1847, se scinde en 70 en Académies Pontificale et Royale, se fond, sous Mussolini, dans l'Académie d'Italie, et redevient autonome en 1944.
Accademia della Crusca
Fondée en 1582, à Florence, par cinq membres de l'Académie Florentine, elle se donne pour objectif la purification du toscan "en séparant la farine du son" (crusca), qui s'impose comme modèle et devient la langue littéraire de la Renaissance italienne.
 
IL RISORGIMENTO
Le terme
risorgimento, résurrection, né d'un mouvement spirituel et idéologique du XVIIIe siècle aux idéaux de dignité et de liberté, désigne le demi-siècle de luttes qui permirent aux Italiens de s'affranchir des tutelles étrangères et d'accomplir l'unification du pays. Commencée en 1821 sous l'impulsion de l'homme d'action Giuseppe Garibaldi, et du théoricien de la révolution Giuseppe Mazzini, elle s'achève en 1870.
En voici les grandes dates :
- 1820 : révoltes napolitaines et de la
"carboneria", société secrète issue de la Franc-Maçonnerie, qui s'organise dans les états pontificaux.
- 1831-1843 : unification du gouvernement des provinces unies, début des insurrections contre le pape en Romagne et dans les Marches. En 1831, Giuseppe Mazzini fonde l'association
"Giovane Italia" .
- 1848 : première guerre d'indépendance, un échec.
- 1849 : Vittorio Emanuele II monte sur le trône du Piémont, des troupes françaises écrasent la République de Rome.
- 1859 : deuxième guerre d'indépendance (batailles de Magenta et Solferino) et véritable succès. Union du Piémont avec la Lombardie, annexion de l'Italie du Sud, des duchés de Parme, Modène et Toscane, de la ville de Bologne, des régions de la Romagne et des Marches.
- 1860 : Garibaldi et les Mille (volontaires embarqués à Quarto près de Gênes) s'emparent du royaume des Deux-Siciles, marchent sur Naples, conquérant pour Vittorio Emanuele la moitié de son royaume.
- 17 mars 1861 : proclamation du royaume d'Italie. Turin en devient la capitale.
- 1866 : troisième guerre d'indépendance. Annexion de la Vénétie au détriment des Autrichiens.
- XX settembre 1870 : conquête de Rome par les Royalistes. Elle devient capitale du jeune état d'Italie. Pie IX, prisonnier du Vatican, proclame l'infaillibilité papale.
Ainsi nait le principe de "nationalité" qui, pour les libéraux, signifit liberté et souveraineté populaire, pour les conservateurs, fidélité à la tradition et à l'ordre social, pour d'autres, communauté de langue, culture, sang et patrie.

Camillo Benso Comte di Cavour (1810-1861), inventeur du terme
Risorgimento, fin diplomate et premier ministre du Piémont-Sardaigne, assura la couronne d'Italie à la famille de Savoie.


Article ajouté le 2009-01-29 , consulté 30 fois

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